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Les technologies de communication, facteur de progrès pour la santé

 

Ma santé

 

Les technologies modernes de communication sont des outils précieux pour améliorer les soins et la recherche, assure la communauté scientifique du secteur de la santé réunie à Berlin. Avec un écueil à gérer: le respect des données privées.

 

Un membre d'une équipe médicale au Japon, en mai 2009

Source photo : Kazuhiro Nogi [AFP/Archives]


"L'enjeu est de faire comprendre que la technologie peut être un vrai outil de santé, ce n'est pas clair pour tous", jugeait Michel Kazatchkine, le directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Ensuite "il faut se demander +par où commencer?+. Peut-être faut-il équiper toutes les cliniques rurales d'un Blackberry ou quelque chose comme ça ?", suggérait-il lors du deuxième Congrès mondial de la Santé, qui réunissait un millier d'experts jusqu'à ce mercredi.

Joe Jimenez, patron du laboratoire Novartis, prenait en exemple l'Afrique "où 450 millions de personnes ont un abonnement de téléphone portable", un vecteur qu'il faut absolument utiliser, selon lui.

Novartis a développé en Tanzanie un projet pilote pour gérer par SMS les stocks de traitements anti-paludisme dans les cliniques: quand les stocks baissent, un SMS suffit pour déclencher une nouvelle livraison.

Le Kenya a lui été l'un des pionniers dans l'usage médical des portables, souligne M. Kazatchkine.

Ce sujet est aussi au coeur du projet de "santé mobile" des Millennium Villages dans dix pays de l'Afrique sub-saharienne, que dirige Matthew Berg, de l'Université de Columbia (Etats-Unis): en communiquant par portables, on peut "surmonter certaines contraintes qui limitent l'accès à la santé", comme le manque de personnel qualifié ou l'éloignement, explique-t-il.

Le "cloud computing" (informatique dans les nuages) est une autre piste à développer, assure Bill Crounse de Microsoft: "il faut que les informations sur les patients puissent bouger avec les patients", où qu'ils aillent, "pour aider les médecins à prendre les bonnes décisions".

Jusqu'à présent les données médicales circulent mal, selon les spécialistes.

La santé reste "nationale, et pas internationale", déplore Fabrice Enderlin, du laboratoire belge UCB.

Le secteur s'estime aujourd'hui à la croisée des chemins: s'il veut accroître son efficacité, il doit miser sur les technologies de communication.

Mais il va falloir impérativement "prendre en compte le respect de la vie privée des patients. Le noeud que les gouvernements vont devoir gérer, c'est l'accès aux dossiers médicaux", estime M. Enderlin.

A Chypre, "il y a eu des résistances", y compris de médecins, face à un vaste projet de dossier médical électronique permettant aux médecins "l'accès complet à l'histoire du patient" et, aux pharmaciens, "l'accès à son historique d'utilisation de médicaments", témoigne Andreas Demetriades, qui dirige l'organisation d'assurance médicale chypriote.

Pour Deborah Peel, d'une association américaine pour la protection des données des patients, "tout le monde veut pouvoir contrôler son dossier". "Seul 1% des patients (américains) acceptent que les chercheurs utilisent leur dossier à des fins de recherche" et ce chiffre n'évoluera que "si la circulation des informations est sécurisée", dit-elle.

"Améliorer les circuits de confidentialité" des données n'est d'ailleurs pas un enjeu propre aux pays riches, relève Michel Kazatchkine: "si nous sommes en retard en Afrique sur les progrès en matière de transmission du virus (du sida) de la mère à l'enfant, c'est parce que les mères hésitent à se faire tester, par peur d'être rejetées si on apprend qu'elles sont positives".

AFPSource AFP
modifié le 13/10/2010