Maladies auto-immunes: une nouvelle approche de traitement
Grâce au traitement de complications de l'hépatite C atteignant les vaisseaux sanguins, une équipe française apporte une nouvelle approche pour traiter des maladies auto-immunes comme le diabète, selon un étude publiée mercredi.

Source photo : Francois Nascimbeni [AFP/Archives]
Les professeurs David Klatzmann et Patrice Cacoub (hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris) et leurs collègues ont traité des patients présentant une complication auto-immune de l’hépatite C chronique, avec de faibles doses d'une substance connue depuis une trentaine d'années, l'interleukine-2 (IL-2).
En stimulant un groupe précis de lymphocytes T, le traitement a permis d'obtenir une amélioration clinique marquée chez la majorité des patients, selon l'étude, publiée mercredi dans le New England Journal of Medicine.
Parmi les quelque 300.000 personnes chroniquement contaminées par le virus de l’hépatite C (VHC) en France, 5% à 10% connaissent des complications auto-immunes atteignant les vaisseaux sanguins, appelées vascularites. Ces complications inflammatoires touchent la peau, les articulations, les nerfs et les reins.
Ces chercheurs avaient montré il y a quelques années que les patients atteints de vascularites liées au VHC ont un manque de lymphocytes T régulateurs (Tregs). Ils avaient également observé qu'une fois les patients guéris de leur hépatite C, le taux de ces cellules revenait à la normale et qu'ils guérissaient aussi de l'atteinte aux vaisseaux.
Ces cellules du système immunitaire se trouvent avoir notamment pour fonction d'empêcher l’apparition des maladies auto-immunes.
Les chercheurs ont donc cherché à faire remonter le niveau de ces lymphocytes chez dix patients atteints de vascularites, liées à une hépatite C chronique résistante aux antiviraux, en leur administrant l'IL-2 à très petites doses dans le cadre d'un essai financé par l’Agence française de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS).
Les patients ont reçu des doses 10 à 20 fois plus faibles que celles utilisées en oncologie. Après six mois de suivi, ce traitement, bien toléré, a induit une stimulation significative des lymphocytes régulateurs chez tous les patients, et entraîné une amélioration clinique marquée chez huit d'entre eux.
"C'est la première fois que l'on montre chez l’homme un effet thérapeutique de l'IL-2 à faibles doses sur une maladie auto-immune. Et cela offre de nouvelles perspectives pour traiter d'autres maladies comme le diabète et la polyarthrite rhumatoïde", relève le Pr Klatzmann (CNRS/Inserm).
Un essai de traitement par l’IL-2 de 24 patients adultes atteints de diabète de type 1, le moins répandu, est déjà en cours à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Un autre débute bientôt à l'hôpital Bicêtre (Paris) avec autant d'enfants.
D'autres pathologies pourraient être concernées à terme, comme le lupus et la sclérose en plaques (SEP).
![]() | Source AFP modifié le 03/12/2011 |













