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Massage bien-être: un congrès pour demander l'encadrement de la formation

 

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Le premier "congrès international du massage", organisé samedi et dimanche à Dijon, veut poser la question de la formation au massage bien-être et de sa pratique, non encadrées, un sujet polémique entre salons de massage et kinésithérapeutes, qui leur ont intenté des procès.

 

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Source photo : AFP/Archives


Alors que les formations aux multiples variantes de cette technique (thaï, oriental, shiatsu...) vont de quelques heures à plusieurs mois, différents kinésithérapeutes ont intenté des procès pour "exercice illégal" de la profession aux salons de massage qui fleurissent un peu partout en France.

"Actuellement, c'est la pagaille la plus complète", reconnaît l'organisateur du congrès, Jean-Michel Lardry, directeur de l'Institut de formation à la masso-kinésithérapie de Dijon, un des établissements en France qui forment des kinésithérapeutes diplômés d'Etat.

"Avec ce congrès, il s'agit de faire un état des lieux du massage en France et dans le monde", ajoute celui qui souhaite synthétiser les propositions faites au congrès par "un livre blanc" destiné aux ministères de la Santé et de l'Education nationale, "pour qu'ils mettent de l'ordre dans tout ça".

"Il faudrait créer une formation au massage bien-être reconnue et encadrée, comme aux Etats-Unis ou au Canada", plaide-t-il, alors que des représentants de ces deux pays seront présents à Dijon à ce congrès organisé par l'association "Mondial massage".

"Quand vous voulez un massage bien-être, vous avez envie de couper les ponts, pas d'être dans une salle d'attente médicalisée avec un enfant qui crie ou une personne amputée à côté", ajoute M. Lardry, qui enseigne par ailleurs dans une école de "massage bien-être" à Paris.

Mais la pratique et l'utilisation même du mot "massage bien-être" divise au sein de la profession des kinésithérapeutes.

"Nous ne reconnaissons pas l'appellation +massage bien-être+", tranche Didier Evenou, secrétaire général du conseil de l'ordre des kinés (CNOMK), qui participera néanmoins au congrès.

Il invoque le Code de la santé publique (article L 4321-3), qui dit que l'"on entend par massage toute manoeuvre externe, réalisée sur les tissus, dans un but thérapeutique ou non...".

"Toute la nuance est dans ce +ou non+. Les kinés se basent là-dessus pour justifier leur monopole. Il faut faire évoluer la législation", insiste pour sa part Samir Saliba, président de la Fédération Française de Massage Bien-Etre (FFMBE), qui participe au congrès et souhaite donner à la profession de masseur "un cadre hors du champ médical".

"Nous n'avons plus le monopole. A chaque fois que nous avons attaqué pour exercice illégal de la kinésithérapie, nous avons été déboutés", déplore Michel-Pierre Triat, du syndicat de kinésithérapeutes FFMKR.

Jean Marlien, président de l'Union, autre syndicat de kinésithérapeutes, préfère souligner les risques de se faire masser par un non-professionnel.

"Par exemple, si vous avez un cancer du sein, les métastases peuvent être déplacées au niveau du bras par un massage thaï", assure-t-il. Des propos "anxiogènes" dénoncés M. Saliba, de la FFMBE.

"En cette période de crise, une des alternatives pour les kinés pourrait être justement de faire davantage de massages bien-être", suggère ce kinésithérapeute.

AFPSource AFP
modifié le 03/06/2010