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Médecins: le gouvernement lâche un peu de lest sur le numerus clausus

 

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Le gouvernement a annoncé jeudi un modeste relèvement du numerus clausus, quota administratif limitant le nombre de places en études de médecine, tout en admettant que cette mesure n'était pas la panacée pour résoudre les problèmes de démographie médicale.

 

Des étudiants marchent dans un couloir de la Faculté de médecine de l'Université de Clermont-Ferrand, le 19 avril 2011.

Source photo : Thierry Zoccolan [AFP/Archives]


L'été prochain, 8.000 étudiants seront admis en deuxième année de médecine, ont annoncé les ministres de la Santé et de l'Enseignement supérieur, Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez, dans Le Quotidien du Médecin.

Le nombre d'étudiants qui seront admis en médecine à l'issue de la première année commune aux études de santé (PACES) passera de 7.400 à 7.500. De plus, le nombre d'étudiants venant d'autres filières, et autorisés à débuter médecine en deuxième année ou troisième année, sera porté de 300 à 500.

"J'ai bien conscience que ces futurs médecins, ce sont ceux qui seront dans les cabinets, les hôpitaux, les cliniques dans dix ans et ça ne règle pas toutes les questions de démographie médicale", a déclaré le ministre de la Santé sur Europe 1.

"Mais je ne veux pas retomber dans les erreurs du passé parce que dans les années 1990, on a pensé qu'avec moins de médecins, on aurait moins d'actes médicaux, moins de dépenses, moins de déficits. Mais c'est tout le contraire qui se produit et, surtout, cette baisse brutale et autoritaire du numerus clausus nous a amenés aux déserts médicaux", a affirmé M. Bertrand.

Le ministre avait annoncé le 26 novembre à Toulouse, lors du congrès du Syndicat des médecins libéraux (SML), qu'il relèverait le numerus clausus, sans donner de chiffres.

Mais, après cette annonce, des doyens d'universités de médecine et des organisations d'étudiants et d'internes en médecine s'étaient inquiétés d'un relèvement trop important qui nuirait aux conditions d'enseignement, en raison de la stagnation, voire du recul, dans certaines régions, de la proportion d'enseignants en regard du nombre d'étudiants.

"Nous nous sommes assurés que cette augmentation était compatible avec les capacités de formation des facultés", leur a répondu M. Wauquiez.

Au sujet des étudiants issus d'autres filières et abordant la médecine en deuxième année ou troisième année, le ministre de l'Enseignement supérieur a indiqué que cette piste serait poursuivie.

"Nous entendons poursuivre sur l'augmentation du nombre de places réservées aux passerelles. Ce cursus est intéressant car il permet de diversifier le profil des médecins", a-t-il expliqué.

Grâce à ces "passerelles", des étudiants ayant entrepris des études paramédicales peuvent se réorienter vers la médecine sous certaines conditions, de même que d'autres ayant atteint un certain niveau dans d'autres disciplines scientifiques.

Par ailleurs, l'augmentation du numerus clausus va permettre de donner davantage de chances aux étudiants français, alors que, dans certaines régions, les établissements doivent faire appel à des médecins formés à l'étranger.

"Il est absurde d'être aussi rigoureux et sélectif avec nos étudiants et de faire venir ensuite des étudiants de Roumanie, d'Algérie ou du Maroc", a estimé M. Wauquiez.

Le numerus clausus (sans tenir compte des passerelles) était bloqué à 7.400 depuis 2009. Instauré pendant l'année universitaire 1971/1972 à 8.588 étudiants, il a diminué régulièrement pour atteindre un point bas à 3.500 en 1992/1993, avant de remonter très lentement quand des problèmes de pénurie de praticiens sont apparus. Il est remonté ensuite plus fortement à partir de 2000. Il n'était encore que de 4.100 en 2000/2001.

AFPSource AFP
modifié le 10/12/2011