Mediator: la pneumologue Irène Frachon entendue comme témoin
La pneumologue Irène Frachon, à l'origine de la révélation du scandale du Mediator, a été entendue comme témoin mercredi à Arcueil (Val-de-Marne) dans le cadre de l'enquête préliminaire menée par le parquet de Paris sur ce médicament des laboratoires Servier, a-t-elle indiqué à l'AFP.

Source photo : Fred Tanneau [AFP/Archives]
"C'est un soulagement de voir que la justice a commencé son travail sur cette histoire dramatique", a précisé Mme Frachon, auteur d'une enquête ("Mediator 150 mg", Editions dialogues.fr) sur cet antidiabétique qui serait à l'origine de plusieurs centaines de morts .
"On sent que la puissance des laboratoires vacille, on est à un moment-clé. On a peut-être d'ailleurs surestimé leur puissance", a-t-elle ajouté.
Praticienne à Brest, Mme Frachon a été interrogée mercredi matin par les gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp), situé à Arcueil, dans le cadre de l'enquête ouverte en décembre par le parquet de Paris après le dépôt d'une première plainte.
Il s'agit de la première audition réalisée dans le cadre de cette enquête, a-t-on appris de source judiciaire.
Mme Frachon, qui sera de nouveau entendue jeudi matin, a exposé aux enquêteurs "de façon chronologique" et "documents à l'appui" comment elle a peu à peu été alertée des possibles méfaits du Mediator.
"Le point central, c'est quand quand je me suis aperçue que la consommation du Mediator ou de l'Isoméride (autre médicament des laboratoires Servier, ndlr) pouvait provoquer la formation d'un métabolisme commun, d'un même poison, qui attaque les valves du coeur", a-t-elle expliqué.
Le Mediator a été prescrit à quelque cinq millions de Français de 1976, jusqu'à son interdiction fin 2009, et serait à l'origine de la mort de 500 à 2.000 personnes, selon des estimations contestées par les laboratoires Servier.
Il aurait également provoqué de graves lésions cardiaques chez des milliers d'autres.
Mardi, un total de 116 plaintes ont été déposées au tribunal de grande instance de Paris par l'Association des victimes de l'isoméride et du Mediator (Avim), dont 10 pour homicide involontaire et 106 pour blessures involontaires.
![]() | Source AFP modifié le 13/01/2011 |













