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Mediator: les associations font monter la pression

 

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Les associations de victimes du Mediator font monter la pression sur la question sensible de l'indemnisation et demandent une accélération de la procédure, avec éventuellement une participation de l'Etat à un fonds qui concernerait toutes les victimes.

 

Des comprimés de Mediator

Source photo : Fred Tanneau [AFP/Archives]


"Si le laboratoire ne prend pas toute sa responsabilité, le gouvernement sera bien obligé de prendre la sienne, avant de se faire éventuellement rembourser par Servier", a souligné Dominique Courtois, président de l'Association de défense des victimes de l'Isoméride et du Médiator (Avim).

Au lendemain d'un vif échange entre le ministre de la Santé Xavier Bertrand et le laboratoire Servier, les représentants des associations de victimes ont été reçues au ministère par Claire Fabre, missionnée par le gouvernement sur le dossier des indemnisations.

Mme Fabre leur a précisé, en présence de M. Bertrand, les propositions des laboratoires d'un fonds d'indemnisation concernant les victimes souffrant d'une incapacité partielle permanente inférieure à 25%, qui sont exclues des procédures légales prévues par la loi Kouchner de 2002 et des remboursements par la Commission régionale de conciliation et d'indemnisation (CRCI).

Les associations ont estimé qu'il fallait aller au-delà et prévoir un fonds d'indemnisation pour les victimes les plus gravement atteintes, puisque les CRCI étaient "incapables de gérer autant de dossiers à la fois" et n'avaient pas les experts pour ce genre de problème.

"Ce qui nous paraît illogique, c'est que des patients à faible risque soient indemnisés et pas les autres", a dit Gérard Raymond, président de l'Association française des diabétiques (AFD).

Le Dr Irène Frachon, qui a joué un rôle déterminant dans la mise au jour des méfaits du Mediator, a estimé que les CRCI n'étaient pas faites pour "traiter un drame de cette ampleur".

Les associations ont jugé "inacceptable" aussi que les victimes indemnisées doivent renoncer aux poursuites civiles, comme le propose Servier, et que le laboratoire puisse gérer le fonds d'indemnisation.

"Nous voulons une structure indépendante, cogérée par les associations et l'Etat", ont souligné le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss) et l'AFD, demandant aussi des critères d'expertise indépendants.

Si nos conditions ne sont pas acceptées par les laboratoires, on "continuera à pousser Servier dans ses retranchements", a dit M. Raymond.

Le ministre a affirmé une nouvelle fois devant la presse que les propositions des laboratoires n'étaient "pas acceptables".

"S'il n'y a pas de réparation intégrale par le groupe Servier, il ne peut pas demander aux victimes de renoncer à une action civile éventuelle", a-t-il dit. Il a estimé aussi que les conditions d'expertise devaient être "définies en accord avec les associations de patients", et que les victimes ne devaient pas être "en tête à tête avec Servier" pour la gestion du fonds d'indemnisation.

"Il faut ne laisser aucune victime au bord de la route", "je suis du côté des victimes", a-t-il martelé.

Cependant, à la différence des associations, il a estimé que personne ne pouvait demander à l'Etat, c'est à dire au contribuable, de "payer à la place du laboratoire".

L'Etat lui-même commence pourtant à être visé dans des procédures d'indemnisation: une plainte a été déposée au pénal à la Réunion, tandis qu'une autre est attendue devant le tribunal administratif.

Lundi, Me Charles Joseph-Oudin, l'avocat de la famille d'une victime présumée du Mediator, a envoyé au ministre le texte d'un recours contre l'Etat qui constitue une demande préalable d'indemnisation, pour "préjudice né du défaut de vigilance".

AFPSource AFP
modifié le 29/03/2011