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Médiator: les cardiologues craignent d'être pénalisés

 

Ma santé

 

Un syndicat de cardiologues, qui estime à "plusieurs centaines de milliers" le nombre d'échocardiographies supplémentaires qui pourraient être réalisées" à cause du Médiator, demande à l'Assurance maladie de ne pas les pénaliser pour ce surcroît d'activité.

 

Des comprimés de Mediator, le 18 novembre 2010 à Brest

Source photo : Fred Tanneau [AFP/Archives]


"Nous sommes prêts à répondre à la demande du ministre de la Santé, et à accueillir les patients que nous adresseront les médecins généralistes, mais nous ne voulons pas être pénalisés pour le surcroît d'activité que cela va entraîner", a expliqué à l'AFP le Dr Jean-François Thebaut, président du Syndicat national des spécialistes des maladies du coeur et des vaisseaux (SNSMCV).

Pour les radiologues, l'augmentation, relevée par l'Assurance maladie, du nombre de scanners liée au plan cancer a entraîné une baisse du forfait qui leur est payé pour cet examen, plaide-t-il.

Or "les cardiologues ne sont en rien responsables des prescriptions de ce médicament. La suractivité occasionnée par le traitement de ce problème majeur de santé publique ne saurait donc leur être imputée", souligne le syndicat.

Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a appelé tous les patients qui ont pris du Mediator à consulter leur médecin traitant. Pour tous ces patients, "il y a aura une prise en charge intégrale par l'assurance maladie", a-t-il en outre précisé fin décembre.

En conséquence, pour le Dr Thebaut, "l'assurance maladie doit prendre les mesures qui permettront à tous ces patients d'être remboursés intégralement" conformément aux voeux du ministre.

Le syndicat demande "à titre exceptionnel aux cardiologues de pratiquer le tiers payant dans la mesure du possible pour les patients en ALD tels les diabétiques", et "attire l'attention des caisses d'assurance maladie sur l'application ou non de la participation forfaitaire de dix-huit euros pour les autres patients".

Comprenant l'anxiété des patients, ces spécialistes les incitent cependant "à accepter les délais de quelques jours à quelques semaines, en fonction de la demande du médecin traitant", dans les régions où le nombre de cardiologues est faible".

Utilisé par 5 millions de personnes, dont 2,9 millions qui l'ont pris pendant plus de 3 mois, le Médiator est notamment responsable d'atteintes des valves cardiaques.

AFPSource AFP
modifié le 07/01/2011