Mediator: mission installée à l'Assemblée, enquête judiciaire en cours
La mission d'information parlementaire sur le Mediator a été installée mardi à l'Assemblée et l'enquête judiciaire a commencé à prendre le relais après la publication samedi du rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas).

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Xavier Bertrand donne une conférence de presse après avoir reçu le rapport de l'Igas consacré au Mediator, le 15 janvier 2011 à Paris

Source photo : Boris Horvat [AFP/Archives]
L'avocat du groupe Servier, dont l'Igas a pointé les responsabilités ainsi que celles de l'agence du médicament (Afssaps), a annoncé mercredi avoir remis "la semaine dernière de nombreux documents" aux gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp).
Lors d'un transport de justice, les gendarmes, qui agissaient dans le cadre d'une enquête préliminaire conduite par le parquet de Paris, ont également procédé à des auditions de témoins, selon une source judiciaire.
Par ailleurs, la mission d'information présidée par le socialiste Gérard Bapt a été installée à l'Assemblée nationale. Ses premières auditions auront lieu mercredi prochain et elle devra rendre ses conclusions en juin 2011.
La mission devrait entendre Xavier Bertrand, ministre de la Santé, certains de ses prédecesseurs, les responsables du laboratoire Servier ainsi que des médecins, des associations de patients, des représentations des autorités sanitaires...
Le Sénat a déjà installé une mission d'information parlementaire sur le Mediator.
Le député communiste Maxime Gremetz a indiqué mercredi avoir pris du Mediator pendant "au minimum 15 ans" pour des problèmes d'hypertension et avoir déposé plainte mercredi contre Servier pour "soutenir" les victimes.
Le député en a pris jusqu'en 2008, et la prescription initiale lui a été renouvelée par le cabinet médical de l'Assemblée nationale au début des années 2000, a-t-il précisé.
M. Bertrand a indiqué pour sa part, devant les journalistes parlementaires, avoir pris pendant des années "différents coupe-faim dont certains ont été interdits ou retirés du marché", mais pas le Mediator.
Il a réitéré que la solidarité nationale ne doit pas "payer à la place du responsable" mais que c'est "le responsable qui devra assumer".
Le ministre a indiqué encore avoir proposé aux associations de patients, reçues mardi soir, que soit utilisé "un fonds existant" pour "accélérer, anticiper l'indemnisation". "Si vous mettez en place un fonds spécifique, il ne se passe rien pour les victimes concernées avant plusieurs mois", a-t-il expliqué.
Il a souligné que "cette indemnisation ne doit pas empêcher l'action judiciaire".
Martine Aubry, première secrétaire du PS, a affirmé que "l'opposition accompagnera le gouvernement en faisant des propositions pour aller plus loin dans certains domaines". "Il faut absolument que nous soyons rapides pour prendre des mesures qui n'ont que trop tardé", a-t-elle dit.
Le Mediator, un médicament pour diabétiques en surpoids utilisé aussi par des non-diabétiques et interdit depuis novembre 2009, aurait fait 500 à 2000 morts, selon les estimations.
![]() | Source AFP modifié le 21/01/2011 |













