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Mediator: procès en diffamation de Servier contre Bapt et Libération fin novembre

 

Ma santé

 

Le député PS Gérard Bapt et le journal Libération comparaîtront les 22 et 23 novembre devant le tribunal correctionnel de Paris, où le laboratoire Servier les poursuit en diffamation pour des propos relatifs au scandale du Mediator, a décidé vendredi le tribunal lors d'une audience de fixation.

 

Une plaquette de Mediator

Source photo : Fred Tanneau [AFP/Archives]


Treize témoins, dont de nombreux médecins, ont été cités, a précisé le président de la 17e chambre, Claude Civalero.

La citation directe qu'aura à examiner le tribunal vise le directeur de la publication de Libération, Nicolas Demorand, le journaliste Yann Philippin, le quotidien Libération et le député Gérard Bapt, président de la mission d'information parlementaire sur le Mediator.

Servier accuse Libération d'avoir énoncé "une série d'imputations qui sont très gravement diffamatoires à l'égard des laboratoires Servier", dans son édition du 7 septembre 2011 consacrée à un autre médicament du laboratoire, le Protelos, dont il aurait minimisé les effets secondaires.

Nicolas Demorand, dans un éditorial, avait écrit que Servier "avait érigé le mensonge et la manipulation en modèle économique", de sorte qu'après le Mediator, "c'est désormais le Protelos qui fait scandale".

Dans une interview au quotidien, le député Bapt avait déclaré que les laboratoires Servier avaient cherché à minorer les effets du Protelos allant notamment jusqu'à "falsifier des cas pour que le décès des patients n'apparaissent pas".

"En supprimant les bruits de fonds", c'est-à-dire en ne signalant pas les effets secondaires du Protelos, les laboratoires "ont fait disparaître les signes qui existaient depuis le milieu des années 1990", a déclaré vendredi lors d'un point de presse Maître Charles-Joseph Oudin, avocat de victimes du Médiator.

Pour l'avocat comme pour Gérard Bapt, Servier a agi avec le Protelos comme avec le Mediator. "Si les cas de pharmacovigilance étaient remontés, il y aurait eu un retrait du marché" beaucoup plus tôt, ont-ils analysé.

Pour M. Bapt cette dissimulation pratiquée par Servier "a été érigée en système".

"Servier n’en est pas à son coup d’essai qui a multiplié les pressions et les intimidations sur les députés d’opposition", écrit de son côté le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault dans un communiqué.

Selon lui, "c’est grâce au travail d’enquête de parlementaires socialistes et de la presse, qu’ont pu être révélés les manquements répétés de Servier ainsi que les insuffisances de notre système de pharmacovigilance".

Critiquant "la multiplication des recours judiciaires", contre les parlementaires, M. Ayrault demande "que cessent toutes les pressions de cette nature".

Servier réclame 50.000 euros de dommages et intérêts.

AFPSource AFP
modifié le 06/01/2012