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Mediator: Servier devra financer l'expertise médicale d'une victime présumée

 

Ma santé

 

Le juge des référés du Tribunal de grande instance (TGI) de Toulon a ordonné mercredi une expertise médicale à la charge des Laboratoires Servier pour savoir si la valvulopathie dont souffre une mère de famille varoise est liée à la prise de Mediator, a-t-on appris auprès de l'avocate de la plaignante.

 

Des pilules de Mediator

Source photo : Fred Tanneau [AFP/Archives]


Dans une ordonnance, dont l'AFP a eu copie, le président du TGI, François Rachou, a fixé à 1.500 euros la provision que le laboratoire Servier devra consigner d'ici un mois pour financer l'expertise.

"Au vu des pièces produites, notamment les documents médicaux et plus particulièrement l'échographie cardiaque et le courrier de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), Mme X, présente un motif légitime à voir ordonner (...) une mesure d'instruction avant tout procès, sur sa personne avant de déterminer l'ampleur de son entier préjudice", est-il écrit dans l'ordonnance.

Il ajoute que "les frais relatifs à l'expertise judiciaire seront supportés par la SAS Les Laboratoires Servier".

Un délai de deux mois a été fixé au médecin expert pour "accomplir sa mission et déposer son rapport".

"C'est une victoire, une première en France ordonnant une expertise à la charge des laboratoires Servier", s'est félicitée l'avocate de la plaignante, Me Christine Ravaz, qui le 22 février plaidera devant la même juridiction trois nouveaux dossiers dont celui d'une personne ayant subi une intervention chirurgicale.

La double valvulopathie de sa cliente a été décelée en décembre 2010 à la suite d'un contrôle médical effectué à la demande par courrier de l'Afssaps.

Âgée de 45 ans, mère de famille de trois enfants et technicienne de surface dans un organisme HLM du Var, elle a pris du Mediator pendant deux ans dans le cadre d'un traitement pour perdre du poids.

"Je suis démolie moralement, je suis essoufflée pour un rien. J'ai des douleurs dans la poitrine et je suis en arrêt de travail" a-t-elle dit à l'AFP.

Le 1er février, lors de l'instruction du dossier, l'avocate du laboratoire Servier, Me Nathalie Carrere, ne s'est pas opposée à l'expertise mais avait demandé au tribunal de rejeter la provision financière.

"Aucun élément ne permet d'établir un lien de causalité entre le traitement prescrit comme coupe-faim et la pathologie" de la plaignante dont elle a réclamé le dossier médical, avait-elle souligné.

Les laboratoires Servier ont un mois pour faire appel de cette ordonnance exécutoire mais l'appel n'est pas suspensif.

Jacques Servier, le patron du laboratoire fabricant du Mediator, est convoqué vendredi par la justice à Nanterre, où il a été cité par des patients traités par ce médicament responsable probable de la mort de 500 à 2.000 personnes.

Il s'agit de la première convocation devant la justice du responsable du laboratoire au coeur d'un scandale qui a provoqué une onde de choc dans le système français du médicament.

AFPSource AFP
modifié le 09/02/2011