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Médiator, symptôme d'un système du médicament à réformer

 

Ma santé

 

L'affaire du Médiator est le "symptôme d'une organisation du médicament à réformer de toute urgence", ont souligné conjointement jeudi l'UFC-Que Choisir et l’Association française des diabétiques (AFD) qui "exigent des mesures concrètes".

 

Le siège de L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, le 12 juin 2007, à Saint-Denis

Source photo : Stephane de Sakutin [AFP/Archives]


Il faut "limiter le pouvoir de l’industrie pharmaceutique dans la chaîne de décision", au niveau français et européen, estiment-elles.

L'agence du médicament (Afssaps) est financée à 80% par les laboratoires, deplore l'UFC-Que Choisir. Et, au niveau européen, chaque demande de commercialisation (AMM) est assortie d’un chèque du laboratoire à l’agence sanitaire du pays qui valide le médicament pour les autres. Les laboratoires font ainsi jouer la concurrence entre pays...

"La communication des laboratoires parasite celle des agences sanitaires", a relevé l'UFC. Les laboratoires consacrent 2,4 milliards euros (chiffre 2004) à la seule information (publicité, communication, visiteurs médicaux, etc.), soit vingt fois plus que le budget annuel de l'Afssaps (111 M euros), selon l'UFC.

Les associations préconisent un encadrement plus efficace des prescriptions de médicaments en créant un corps de visiteurs médicaux indépendants sous l’égide de la Haute Autorité de Santé.

"Il y a, en France, 1 visiteur médical pour 9 médecins, soit deux fois plus qu’en Grande-Bretagne et quatre fois plus qu’aux Pays-Bas", note l'UFC. Conséquences, selon elle : des prescriptions qui dérapent et des dépenses de médicaments qui dépassent celles des pays voisins.

Les associations souhaitent un financement renforcé de la pharmacovigilance et une meilleure coordination des différentes instances qui participent aux prises de décisions sur le médicament pour "éviter la dilution des responsabilités".

Elles demandent, en outre, la transparence sur les processus de décisions avec l'accès aux études analysées par les commissions spécialisées, et à leurs débats ainsi qu'aux avis minoritaires exprimés, en imposant aux directions administratives de motiver leurs décisions quand elles ne suivent pas les recommandations des experts.

AFPSource AFP
modifié le 14/01/2011