Médicament : retrait mondial de l'Anzemet (anti-nausées) de Sanofi-Aventis
Le laboratoire Sanofi-Aventis a décidé de retirer du marché international l'Anzemet, médicament injectable contre les nausées, dans son indication non post-opératoire, en raison d'une augmentation du risque de trouble du rythme cardiaque, selon la firme pharmaceutique.

Source photo : Eric Piermont [AFP/Archives]
L'Anzemet (Anemet en Allemagne; nom de molécule : dolasétron) est utilisé pour prévenir les nausées et vomissements lors de chimiothérapies anticancéreuses, post-opératoires ou non.
Les comprimés, utilisés en cancérologie et en chirurgie dans certains pays, ne sont pas concernés par ce retrait.
Homologué en 1997 en Europe, l'Anzemet est commercialisé dans treize pays, dont les Etats-Unis. En France, il a été retiré de la commercialisation en 2009 mais bénéficie toujours d'une autorisation de mise sur le marché. Cette mesure de retrait concerne donc aussi la France, par précaution.
Selon le laboratoire, le retrait est total dans les cinq pays où il ne disposait que de l'indication de "nausée induite par chimiothérapie et non post-opératoire" : Canada, Allemagne, Suisse, Tunisie et Maroc.
Dans les pays où il disposait en outre de l'indication post-opératoire, il est maintenu sous cette seule indication, puisqu'"il y a contrôle", selon un porte-parole du laboratoire. Il s'agit de la Bulgarie, du Brésil, du Mexique, du Venezuela, de l'Afrique du sud, de l'Australie, de la Corée et des Etats-Unis.
L'autorité sanitaire américaine, la FDA, s'appuyant sur de nouvelles données demandées au laboratoire, avait averti en décembre dernier que les injections pouvaient augmenter le risque de troubles du rythme cardiaque ("torsade de pointes"), parfois mortels, et avait fait savoir aux professionnels de santé que l'utilisation de ce médicament sous forme injectable était contre-indiquée.
Les patients particulièrement à risque, selon l'agence, étaient ceux souffrant de faiblesses cardiaques ou d'arythmie.
Selon un communiqué publié à l'époque par la firme pharmaceutique, Sanofi-Aventis, numéro 1 du médicament en Europe, avait signé en 2007 un accord transactionnel avec le ministère américain de la justice afin de mettre un terme à des poursuites relatives aux prix de vente aux grossistes de ce médicament, le gouvernement américain alléguant que la moyenne de ces prix avait été artificiellement augmentée.
Cet accord prévoyait le versement d'un peu plus de 180 millions de dollars pour compenser les paiements "prétendument excessifs" qu'avait dû faire la sécurité sociale américaine (Medicaid) pour les remboursements du médicament.
![]() | Source AFP modifié le 16/02/2011 |













