Mortalité par cancer du sein: le Royaume-Uni se distingue, la France déçoit
Les taux de mortalité par cancer du sein ont chuté ces vingt dernières années dans la plupart des pays européens, mais avec des disparités considérables, le Royaume-Uni affichant une baisse record de 30%, tandis que la France déçoit (-11%), selon une étude publiée jeudi.

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vue prise le 15 mai 2001 à Putanges, d'un camion sillonnant le département de l'Orne, et équipé de matériel médical permettant le dépistage du cancer du sein à l'aide de mammographies

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Une femme passe une mammographie, le 15 mai 2001 dans un centre de radiologie de Bayeux.

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Le cancer du sein, le plus commun des cancers chez la femme

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Toutes les femmes européennes ne sont pas égales devant le cancer du sein, montre cette étude menée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC, émanation de l'Organisation mondiale de la santé) et publiée par le British Medical Journal (BMJ).
Les chercheurs ont étudié les taux de mortalité dans 30 pays européens entre 1989 et 2006 et constaté que la plupart d'entre eux ont connu une réduction globale de ces taux, même si l'ampleur de la baisse est très variable.
La moitié des 30 pays étudiés ont enregistré une baisse de plus de 20% des taux de décès. Seules la Grèce, l'Estonie, la Lettonie et la Roumanie ont connu une augmentation.
Les résultats vont d'une réduction de 45% de la mortalité en Islande à une hausse de 17% en Roumanie.
Philippe Autier, principal responsable de l'étude, explique la baisse de la mortalité par "une combinaison de choses assez efficaces qui se sont cumulées dans les 20 dernières années" : stratégies de dépistage, traitements de plus en plus efficaces et standardisation dans la prise en charge, avec des équipes multidisciplinaires et expérimentées.
Cette combinaison a été "très efficace au Royaume-Uni", souligne-t-il, mais a aussi bien fonctionné en Norvège, aux Pays-Bas, ou en Autriche.
Le Royaume-Uni se distingue par ses bons résultats, avec une baisse de 35% pour l'Angleterre et le Pays de Galles, 29% pour l'Irlande du Nord et 30% pour l'Ecosse.
Les Britanniques étaient "fortement choqués par leur taux extrêmement élevé de mortalité par cancer du sein à la fin des années 80, mais ils ont pris le taureau par les cornes", explique Philippe Autier.
Au vu des tendances, "dans deux ou trois ans, l'Angleterre aura une mortalité par cancer du sein inférieure à celle de la France", prédit-il.
Les résultats français (-11%) ont déçu au regard des efforts réalisés (Plan Cancer).
"Il y a trois pays qui vraiment nous ont surpris, la Suède (-16%), la Finlande (-12%) et la France", dit le chercheur. Car malgré des investissements importants dans ces pays en matière de dépistage -il y a proportionnellement 4 fois plus de mammographes en France qu'en Angleterre- et de prise en charge, les résultats ne sont pas à la hauteur.
"Là, il y a un énorme besoin de revoir le système. C'est la seule chose qu'on puisse dire", ajoute-t-il.
Quant aux pays d'Europe centrale, "c'est plutôt catastrophique", commente Philippe Autier, pointant essentiellement des questions financières.
Le chercheur se montre optimiste pour l'avenir, estimant que la tendance à la baisse de la mortalité devrait se poursuivre en Europe. Il explique qu'il faudra en effet attendre 5 ou 6 ans pour pouvoir mesurer l'effet sur la mortalité des nouveaux médicaments très efficaces apparus ces dernières années, comme l'herceptine.
Des progrès sont également encore possibles chez les femmes plus âgées pour lesquelles les médecins ont tendance à ne pas utiliser l'arsenal thérapeutique le plus puissant.
Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde, avec 1,4 million de nouveaux cas estimés en 2008. C'est aussi la forme la plus fréquente de décès par cancer chez les femmes.
![]() | Source AFP modifié le 13/08/2010 |













