Nancy: un demi-frère biologique va pouvoir faire don d'un rein à sa soeur
La malade insuffisante rénale qui s'était vu refuser une greffe de son demi-frère biologique car il n'était pas reconnu juridiquement, va finalement être opérée la semaine prochaine, a annoncé vendredi à l'AFP son avocate.

Source photo : Fred Dufour [AFP/Archives]
Martine Courrier, 59 ans, s'était vu proposer par son demi-frère, Jean-Pierre Serrurier, une greffe de rein. Refusée par un comité d'experts de l'Agence de la biomédecine du Nord-Est, l'opération a finalement été validée par un deuxième collège, sollicité par le ministre de la Santé Xavier Bertrand, qui a rendu un avis favorable mercredi.
"Pour eux, c'est un grand bonheur, une excellente nouvelle. Ils pleurent de joie: Mme Courrier estime qu'on lui a redonné la vie, M. Serrurier se réjouit de pouvoir enfin aider sa soeur", a expliqué Me Nicoletta Tonti-Bernard.
"Je regrette simplement que cela ait mis autant de temps, car cela a été difficile pour eux: nous n'avions aucune certitude quant à la deuxième décision", a-t-elle observé.
Le frère et la soeur devraient se faire opérer au CHU de Nancy "mardi ou mercredi", alors que Mme Courrier devait subir ce vendredi "probablement sa dernière dialyse", a précisé l'avocate.
En septembre 2010, le comité d'experts de l'Agence de la biomédecine du Nord-Est avait refusé de donner son accord à la greffe, selon M. Serrurier en raison de l'absence de lien juridique entre lui et Mme Courrier.
Ils n'ont en effet aucun lien de parenté selon l'état civil: leur père, qui a conçu M. Serrurier dans le cadre d'une relation extra-conjugale, n'a jamais reconnu ce dernier. Jean-Pierre Serrurier a finalement été reconnu à l'âge de 7 ans, par son beau-père, lorsque celui-ci s'est marié avec sa mère.
En janvier, le frère et la soeur en avaient alors appelé à Xavier Bertrand, qui a demandé un réexamen du cas.
Selon Me Tonti-Bernard, les comités d'experts ne feront désormais plus de différence entre les filiations biologiques et juridiques. Mais la directrice générale de l'agence de la biomédecine, Emmanuelle Prada-Bordenave, a précisé à l'AFP que c'était le tribunal de grande instance et non l'agence qui appréciait le lien parental entre donneur et receveur, sur la base du code civil.
Pour autoriser un don d'organe, les comités d'experts réunis doivent s'assurer que le donneur est bien informé des conditions du don, qu'il ne subit pas de pression et qu'il n'existe pas de risque pour sa santé, a précisé Mme Prada-Bordenave. Les décisions ne sont pas motivées et les membres de ces comités sont tenus au secret. Les refus sont "très rares", a-t-elle souligné, notant un refus pour 150 demandes en 2009 et le fait qu'en cas de refus, un donneur potentiel peut faire une nouvelle demande d'autorisation quelque temps plus tard.
![]() | Source AFP modifié le 28/03/2011 |













