Accueil > Mag Santé > Ma santé > Ne pas s'occuper de sa prostate, c'est comme regarder le lait déborder

Ne pas s'occuper de sa prostate, c'est comme regarder le lait déborder

 

Ma santé

 

Avec une affiche qui met en scène une casserole de lait qui déborde, l'Association française d'urologie (AFU) organise le 15 septembre sa 6e journée de la prostate, sur le thème "n'attendez pas qu'il soit trop tard pour vous informer".

 

Une chambre d'hôpital

Source photo : Robyn Beck [AFP/Archives]


"Les hommes affichent un certain mépris pour leur prostate", notait jeudi devant la presse le Pr Pascal Rischmann, urologue et président de l'AFU.

Et pourtant, le cancer qui touche cette glande sexuelle masculine est le plus fréquent chez les hommes et constitue chez eux la 2e cause de mortalité par cancer, après celui du poumon. En 2005, selon les dernières estimations, il y a eu 62.245 nouveaux cas en France et 9.202 décès, soit un taux de mortalité en légère baisse (2,5%) depuis 2000.

A l'occasion de cette journée, en lien avec la semaine européenne de l'urologie, l'AFU veut informer les hommes sur les moyens qui existent pour éviter l'évolution des maladies de la prostate, telles qu'infection, obstruction, et bien sûr cancer. Outre le dossier d'information présenté sur le site de l'AFU, des urologues devraient organiser des séances d'information.

Le problème le plus fréquent est ce qu'on appelle l'hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), qui se caractérise par une augmentation du volume de la prostate qui peut provoquer des troubles urinaires, et qui devient banale en vieillissant : elle concerne 1 homme sur 7 entre 40 et 49 ans, 1 homme sur 2 entre 60 et 69 ans.

Mais c'est surtout le cancer de la prostate qu'il s'agit de prévenir : il se développe lentement et en silence à la périphérie de l'organe. Quand les symptômes apparaissent, "il est un peu trop tard", soutient le Pr Laurent Salomon, de l'hôpital Henri-Mondor.

Pour dépister ce cancer avant qu'il ne se manifeste, on peut procéder à un toucher rectal et à une mesure dans le sang du taux de PSA (une protéine produite par la prostate). Ce test est régulièrement contesté : une valeur normale de PSA n'est pas une certitude d'absence de cancer, et un résultat élevé ne signe pas forcément un cancer. Il doit donc être confirmé par une biopsie, qui n'est pas anodine.

L'AFU prône pourtant un dépistage systématique -auquel est opposée la Haute autorité de santé- entre 55 et 69 ans, renouvelé régulièrement si la personne est à risque (cancers de la prostate dans la famille, origine africaine ou antillaise...). Car "plus on traite tôt, plus on a de chances de guérir", souligne le Pr Rischmann. Même si les traitements altèrent la vie sexuelle.

Mais si à 60 ans, le taux de PSA est inférieur à 1 nanogramme par ml, inutile de poursuivre les dépistages, estime l'AFU : le risque de décéder d'un cancer de la prostate est alors inférieur à 2%. Et quel que soit le niveau de PSA après 75 ans, plus besoin non plus de continuer à dépister ce cancer d'évolution généralement lente, selon ces spécialistes.

AFPSource AFP
modifié le 11/09/2010