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Nouvelle campagne suite à la reprise de la consommation d'antibiotiques

 

Ma santé

 

Après "les antibiotiques c'est pas automatique", une nouvelle campagne - "si on les utilise à tort, ils deviendront moins forts" - est lancée par l'Assurance maladie, qui constate une reprise de leur consommation.

 

Photo, prise le 22 octobre 2002 à Caen, d'antibiotiques

Source photo : Mychele Daniau [AFP/Archives]


Le directeur général de l'Assurance maladie, Frédéric Van Roekeghem, le 02 août 2006, au ministère de la Santé à Paris.

Source photo : Bertrand Guay [AFP/Archives]


Après une baisse depuis 2002 de l'ordre de 15% de la consommation des antibiotiques, surtout chez les jeunes enfants, "il y a depuis deux ans une reprise qui nous paraît préoccupante", a indiqué jeudi devant la presse le directeur général de la Caisse d'assurance maladie, Frédéric Van Roekeghem.

Depuis la première campagne de 2002 avec "les antibiotiques c'est pas automatique", quelque 40 millions de prescriptions ont été évitées, selon l'Institut Pasteur. Mais depuis 2007, la consommation augmente annuellement de 4%, essentiellement chez les adultes. Le niveau de consommation de la France reste l'un des plus élevés d'Europe, derrière la Grèce.

"Sur 700 millions d'euros de médicaments remboursés, on pourrait économiser 100 euros si les antibiotiques étaient utilisés à bon escient", note M. Van Roekeghem. Il s'agit donc de "se remobiliser".

Comme le souligne le Pr Hubert Allemand, médecin conseil de la Caisse nationale d'assurance maladie, les prescriptions d'antibiotiques concernent pour 26% des maladies virales et pour 16% des angines dont la grande majorité sont virales, et donc pour lesquelles les antibiotiques ne présentent "aucun intérêt".

Deux maladies parmi les plus banales de l'hiver sont donc au coeur de la nouvelle campagne : la bronchite aiguë (9 à 10 millions de cas par an en France) et l'angine (9 millions de cas).

La bronchite aigüe, selon le Pr Allemand, est "pratiquement toujours d'origine virale" et la guérison est spontanée en une dizaine de jours. "Dans 76% des cas, on donne pourtant des antibiotiques", note-t-il.

Quant à l'angine, elle est dans 75 à 90% des cas d'origine virale chez l'adulte, et dans 60 à 75% chez l'enfant. L'angine virale guérit en 4 à 5 jours.

Mais comment savoir si elle est virale ou bactérienne ? Un test de diagnostic rapide existe, que le médecin peut administrer pendant la consultation. Le problème, c'est que pour 9 millions d'angines il n'y a eu l'an dernier que 1,3 million de tests utilisés, bien que le test soit mis gratuitement à disposition des médecins.

Ces utilisations à contre-emploi des antibiotiques posent un sérieux problème de santé puisqu'elles provoquent des résistances bactériennes qui "conduisent à des échecs thérapeutiques", a relevé le Pr Benoît Schlemmer, de l'hôpital Saint-Louis.

La nouvelle campagne de l'Assurance maladie vise particulièrement les jeunes actifs -les plus gros consommateurs à contre-emploi- et les parents de jeunes enfants. Elle veut aller plus loin dans l'explication, donner des repères clairs sur les maladies et l'usage des antibiotiques.

Deux films sur l'angine et la bronchite mettent en scène des petits bonshommes "antibiotiques" -un novice, prêt à combattre toutes les maladies, et un plus avisé. Des mini-jeux seront proposés sur Facebook, et des annonces seront publiées dans la presse magazine. L'assurance maladie ouvrira une plateforme sur son site, www.antibiotiques.ameli.fr.

Bactérie ou virus : le site d'information de l'assurance maladie

AFPSource AFP
modifié le 21/05/2010