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Parkinson: le tube digestif reflet des lésions du cerveau

 

Ma santé

 

Le tube digestif reflète la présence et l'importance des lésions dans le cerveau de patients atteints de la maladie de Parkinson, selon des chercheurs de l'Inserm.

 

La maladie de Parkinson

Source photo : AFP


Des chercheurs de l'institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) de Nantes ont en effet mis en évidence que des anomalies, connues des spécialistes et observées dans le cerveau des parkinsoniens, sont retrouvées à l'identique dans les neurones digestifs, selon leurs travaux qui viennent de paraître dans la revue américaine en ligne Plos One.

"Si ces résultats se confirment à grande échelle, il serait possible de faire un diagnostic de sévérité de la maladie de Parkinson du vivant du patient et d'ajuster le traitement et la prise en charge, selon les chercheurs.

La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative, cause de signes moteurs (rigidité musculaire, difficultés à effectuer des gestes alternatifs rapides). Mais, il est désormais clairement établi que les lésions de la maladie ne se limitent pas au système nerveux central mais qu'elles touchent aussi des systèmes nerveux périphériques.

Cette avancée récente a permis de résoudre un problème pratique majeur dans l'étude de la maladie de Parkinson, à savoir, pouvoir analyser et étudier les lésions de patients vivants. Effectivement, alors que l'accès au cerveau n'est possible qu'après le décès des malades, le système nerveux entérique (intestinal), composé de plus de cent millions de neurones, présente l'avantage d'être accessible du vivant du patient. C'est ce système nerveux intestinal qui gère l'ensemble des fonctions motrices et sécrétrices du tube digestif.

Les chercheurs ont donc analysé de prélèvements (biopsies) du colon de 39 patients (dont 29 atteints de la maladie de Parkinson et 10 témoins).

Chez 21 des 29 patients parkinsoniens, ils ont mis en évidence des anomalies (dépôts anormaux de protéine) des neurones digestifs identiques à celles présentes dans le système nerveux central.

Ils ont également pu établir un parallèle entre les lésions et les signes cliniques : l'importance des lésions étant corrélée à la sévérité du Parkinson.

Les résultats de cette étude montrent pour la première fois que l'analyse du système nerveux entérique est une vraie "fenêtre ouverte" sur cerveau, selon les chercheurs.

"L'avancement de la maladie pourrait ainsi être déterminé à partir de l'analyse de simples biopsies coliques effectuées à l'hôpital lors de coloscopies ou de recto-sigmoidoscopies" explique Pascal Derkinderen (Inserm/CHU de Nantes).

AFPSource AFP
modifié le 16/09/2010