Accueil > Mag Santé > Enfants et Adolescents > Pas d'inquiétudes particulières concernant le bisphénol A sur les tickets de caisse, selon l'Anses

Pas d'inquiétudes particulières concernant le bisphénol A sur les tickets de caisse, selon l'Anses

 

Enfants et Adolescents

 

La présence de bisphénol A (BPA) dans des tickets de caisse en papier thermique, connue de longue date, est une voie d'exposition tout à fait secondaire qui n'a pas lieu d'inquiéter outre mesure, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).

 

Des caisses dans un supermarché de Kuala Lumpur, le 7 juillet 2010

Source photo : Saeed Khan [AFP/Archives]


Ce composé chimique, présent dans de nombreux types de plastiques, est "un perturbateur endocrinien, auquel l'homme est principalement exposé par la voie alimentaire", souligne l'Anses.

Selon l'enquête d'une ONG américaine, l'Environmental Working Group (EWG), dont la presse, américaine et française, s'est faite l'écho, le BPA était présent dans 40% des reçus et tickets de caisse imprimés par les supermarchés, les distributeurs de billets et autres commerces.

Dans certains cas, la concentration de bisphénol A était mille fois plus élevée que celle généralement présente dans une boîte de conserve.

Il n'y a "pas de motifs d'inquiétudes particuliers pour le consommateur, en l'état des connaissances", dit à l'AFP Marie-Hélène Loulergue, directrice adjointe de la direction Santé Alimentation de l'Anses.

Le BPA se trouve parmi différents plastiques, dont ceux de biberons et bonbonnes d’eau, ainsi que dans des résines couvrant l’intérieur de canettes et boîtes de conserve. Il est également présent dans les papiers thermosensibles (certains tickets de caisse, de parkings, de distributeurs de billets...).

"Lorsque vous laissez traîner un reçu pendant des mois dans votre portefeuille, vous répandez du BPA chez vous, dans votre environnement", a expliqué Sonya Lunder de l'ONG au Washington Post. Jeter un ticket de caisse dans le sac à provisions pourrait contaminer son contenu (fruits...) ou la tétine dans le sac à main.

Quant à savoir quelle quantité de cette substance chimique est susceptible de passer au travers de la peau, "il y a trop peu de données", commente Mme Loulergue.

"Cette voie d'exposition, par le biais de certains papiers thermosensibles, est considérée comme tout à fait secondaire par rapport à la voie alimentaire qui est la principale chez l'homme", ajoute-t-elle.

L'Anses "poursuit ses travaux sur le BPA notamment en ce qui concerne ses usages autres qu'alimentaires à la demande du gouvernement, y compris dans les aspects de risque professionnel" (pour les caissiers, ndlr).

La présence de BPA dans des papiers thermosensibles est évoquée "dès 2003 dans un rapport européen de la Commission", souligne l'Anses.

L'Agence américaine pour la Protection de l'Environnement (EPA) veut encourager les fabricants à trouver une alternative au BPA.

Ironiquement, le plus gros producteur américain de papier thermique pour factures --Appleton Papers-- n'utilise pas de BPA, relève le magazine ScienceNews.

AFPSource AFP
modifié le 12/08/2010