"Pas de base scientifique suffisante" pour limiter la consommation d'aspartame (Anses)
L'agence de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) estime qu'il n'y a pas à ce jour de "base scientifique suffisante" pour une réévaluation de la dose journalière admissible (DJA) de l'aspartame, mais va mettre en place un groupe de travail pour évaluer ses "bénéfices et risques nutritionnels".

Source photo : Torsten Blackwood [AFP/Archives]
L'Anses a publié mardi un avis sur l'aspartame, suite à la publication de deux études mettant en relief les risques que peut faire courir cet édulcorant intense. L'aspartame se retrouve dans plus de 6.000 produits, du chewing-gum aux boissons light, et 200 millions de personnes en consommeraient régulièrement. La DJA est fixée en Europe à 40 mg/kg de poids corporel.
La première étude, qui en corrobore deux autres portant sur des rats, est conduite par le chercheur italien Morando Soffritti, de l’Institut Ramazzini de recherche en cancérologie environnementale. Elle établit que cet édulcorant élève les risques de cancers du foie et du poumon chez 240 souris mâles, exposées de la gestation à la mort.
Cette étude, selon l'Anses, présente "des déficiences méthodologiques", les souris ayant été, contrairement à l'habitude, suivies jusqu'à la mort. Ses résultats ne peuvent donc pas être transposés à l'homme.
Quand elles vieillissent, "on ne peut plus distinguer entre les tumeurs spontanées et les tumeurs en fonction de substances absorbées", a indiqué à l'AFP Gérard Lasfargues, directeur général adjoint de l'Anses.
La deuxième étude fait apparaître que la consommation d'au moins une boisson gazeuse contenant un édulcorant augmente en moyenne de 38% les risques d'accouchements prématurés induits.
Ces résultats, selon l'Anses, ne permettent pas "d'établir de lien de cause à effet", et "demandent à être confirmés".
En conséquence, pour l'Anses, "ces deux nouvelles publications n'apportent pas de base scientifique suffisante pour une réévaluation de l'aspartame au plan toxicologique" et pour une remise en cause de la DJA.
Cependant l'agence sanitaire souhaite aller plus loin et va mettre en place un groupe de travail chargé d'évaluer les bénéfices et les risques nutritionnels des édulcorants intenses et "la nécessité éventuelle d'élaborer des recommandations pour des populations sensibles".
"On va faire une veille sur tout ce qui sort sur les édulcorants et l'aspartame, et prendre en compte des études plus récentes, puisque la DJA est fondée sur des études anciennes", a précisé le Pr Lasfargues.
L'Anses dit encore partager la volonté de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) d'"approfondir les enjeux toxicologiques des édulcorants dans le cadre de la réglementation européenne en vigueur".
![]() | Source AFP modifié le 16/03/2011 |













