De nouvelles données indiquent que même après l’opération, ça vaut encore le coup d’arrêter de fumer ou de ne pas reprendre. Petite revue des méfaits du tabac chez les opérés.
Les patients qui ont arrêté de fumer 6 semaines avant de passer au bloc, par rapport à ceux qui ont continué de fumer, ont vu leurs risques de complications diminuer de moitié. Les infections de la plaie opératoire constituent la complication la plus fréquente chez les fumeurs. Mais le retard de cicatrisation constitue aussi un risque important, que l’on peut minimiser en stoppant tout tabagisme plusieurs semaines avant une opération chirurgicale. La nicotine a un effet vasoconstricteur (diminution du diamètre des vaisseaux sanguins, réduisant la circulation du sang dans l’organisme). L’effet délétère est renforcé par le monoxyde de carbone qui, en se liant à l’hémoglobine, entraîne une hypoxie des tissus. Tous les organes et tissus sont concernés.
Au final, le tabagisme augmente la durée moyenne d’hospitalisation de deux à cinq jours et multiplie par deux le risque de transfert en réanimation.
En revanche, en débutant un sevrage 6 semaines avant la date de l’opération, l’excès de complications disparaît. Après un sevrage de 3 semaines seulement, seules les complications locales s’annulent. Enfin, il suffit de ne pas fumer après l’intervention pour revenir à une durée de cicatrisation normale.
En pratique, il est vraiment bénéfique d’arrêter de fumer avant, pendant et après une opération. Il ne faut pas hésiter à en parler à son chirurgien, et à demander l’aide de son médecin. Se faire aider avec des substituts nicotiniques est parfaitement autorisé, voire recommandé pour diminuer l’état d’anxiété que peuvent générer l’arrêt de la cigarette d’une part et la perspective d’une chirurgie d’autre part.