Accueil > Mag Santé > Ma santé > Pénibilité: des milliers de personnes ne pourront pas attendre 60 ans pour partir en retraite

Pénibilité: des milliers de personnes ne pourront pas attendre 60 ans pour partir en retraite

 

Ma santé

 

Partir à la retraite à 60 ans pour les travailleurs usés par des métiers pénibles, comme le propose le projet du gouvernement, est un horizon "inatteignable pour des centaines de milliers de personnes", estiment lundi deux responsables d'associations d'accidentés du travail.

 

Des ouvriers travaillent sur un chantier, le 22 juillet 2010, porte de Charenton à Paris.

Source photo : Boris Horvat [AFP/Archives]


"Le volet pénibilité de la réforme des retraites s'apparente à une succession d'injustices", dénoncent Arnaud de Broca, secrétaire général de la Fnath (association des accidentés de la vie) et François Desriaux, porte-parole de l'association nationale des victimes de l'amiante (Andeva), dans une tribune publiée lundi dans le quotidien Les Echos.

Le dispositif proposé par le gouvernement pour prendre en compte la pénibilité "repose uniquement sur l'incapacité physique de travail" et écartent des salariés qui ont été exposés à des produits cancérogènes, et qui ont "une espérance de vie réduite, mais pas de traces physiques de cette atteinte", déplorent-ils.

Le travail de nuit ou le travail en horaire alterné constituent également "un facteur de risque de mortalité prématurée", soulignent-ils.

MM. de Broca et M. Desriaux regrettent le seuil de 20% d'incapacité permanente partielle, nécessaire pour pouvoir partir à la retraite à 60 ans au lieu de 62 ans, selon le projet de loi du gouvernement.

Cela exclut un nombre non négligeable de travailleurs", parce que "toutes les pathologies du travail ne sont pas reconnues comme maladies professionnelles".

Ils citent le cas des caissières, manutentionnaires, femmes de ménage ou ouvriers à la chaîne, qui "sont fréquemment atteints en fin de carrière, voire bien avant, de pathologies ostéo-articulaires qui constituent des handicaps sévères générant des difficultés dans leur vie quotidienne, mais qui n'atteignent pas dans tous les cas la barre des 20%".

AFPSource AFP
modifié le 24/08/2010