Pesticides : l'exposition prénatale diminue le QI des enfants
Les pesticides organophosphorés sont réputés pour être neurotoxiques. Trois études américaines démontrent simultanément que l'exposition à ces pesticides durant la période prénatale, porte atteinte au développement cérébral menant à une baisse de QI.
L’une de ces études a évalué l’exposition aux pesticides en 1999-2000 à partir de prélèvements d’urine sur des femmes enceintes. Résultat, à l’âge de 7 ans, les enfants ayant été les plus exposés in utero ont une baisse de QI de 7 points par rapport aux enfants les moins exposés. À noter que les conséquences des pesticides sur le QI des enfants ne s’observent pas pour des expositions postnatales. Autrement dit, l’exposition aux pesticides ne semble dangereuse que pendant le développement cérébral in utero. Selon une autre étude menée chez des femmes enceintes exposées entre 1998 et 2002, les pesticides affectent le raisonnement non verbal des enfants. Enfin, la dernière étude a détecté des conséquences sur les fonctions cognitives des enfants de 7 ans à partir de l’analyse de sang de cordon. Il est par ailleurs démontré que de telles conséquences sont en nette régression depuis l’interdiction du chlorpyriphos, un des pesticides les plus utilisés pour plantes d’intérieur et interdit en 2001.
Ce pesticide reste hélas utilisé en agriculture. Ceci dit, excepté chez les agriculteurs exposés, c’est l’alimentation qui reste aujourd’hui la principale source d’exposition dans la population générale. Même si l’utilisation des pesticides organophosphorés a fortement décliné (-50% aux Etats-Unis entre 2001 et 2009), les consommateurs sont invités à laver les fruits et les légumes et à préférer les légumes Bio.

Auteur : ISABELLE EUSTACHE
Source : Le Quotidien du Médecin, 22 avril 2011.Source image : Fotolia.com












