Plan sida 2010-2014 : le dépistage au coeur du dispositif
Dépistage d'un maximum de gens au moins une fois dans leur vie, ouverture aux associations du dépistage des homosexuels, des toxicomanes ou des migrants, prévention un peu élargie : le ministère de la santé a rendu public jeudi son plan de lutte contre le sida 2010-2014.

Source photo : Jody Amiet [AFP/Archives]
La ministre de la Santé Roselyne Bachelot, le 2 novembre 2010 à l'Assemblée nationale à Paris

Source photo : Joel Saget [AFP]
La version définitive du document, qui inclut la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles, a été mise en ligne par le ministère (www.sante-sports.gouv.fr) après que les instances spécialisées ont donné un avis, plutôt favorable.
Le dépistage est "au coeur du dispositif", a dit jeudi la ministre de la Santé Roselyne Bachelot.
Environ 50.000 personnes sont infectées par le virus sans le savoir. Le retard de diagnostic est particulièrement préjudiciable pour les personnes qu'elles risquent d'infecter. Il faut "que chacun prenne conscience qu’il peut être concerné", dit le plan.
Le dépistage, gratuit, sera proposé "par le médecin traitant à l’occasion d’un recours aux soins" à la population de 15 à 70 ans, avec l'appui d'une campagne de communication, le mois prochain. Il n'est envisagé que de "proposer au moins un dépistage du VIH au cours de la vie", puisqu'il s'agit à ce stade, comme le dit Mme Bachelot, de "vider le stock" des séropositifs qui s'ignorent.
A ce jour, la ministre espère qu'au moins 5 millions de personnes accepteront de se faire tester, soit le double du chiffre actuel.
Pour "renforcer l’action en direction de groupes les plus vulnérables", tels que les homosexuels, les migrants, les prostitués ou les usagers de drogue, un dépistage leur sera proposé annuellement, qui pourra être réalisé par des non-professionnels de santé tels que les associations. 10 centres de dépistage communautaire devraient être ouverts en 2011.
Tous les habitants de Guyane, où l'infection a des allures d'épidémie, se verront proposer aussi un dépistage annuel.
En outre l'usage des tests de dépistage rapide pour les personnes à risque sera élargi.
L'incidence du VIH est 200 fois plus élevée chez les homosexuels que chez les hétérosexuels français, et 18 fois plus élevée chez les usagers de drogues injectables que chez les autres, rappelle le plan. Chez les migrants hétérosexuels, elle est 9 fois supérieure à ce qu'elle est chez les hétérosexuels français.
Côté prévention, le plan réaffirme qu'elle s'appuie, pour la population générale, sur l’utilisation du préservatif. Pour les personnes les plus à risque de transmettre l'infection, il envisage de promouvoir la prévention dite "combinée" associant le préservatif et le traitement antirétroviral précoce.
Le traitement, lourd et cher, n'est donné aujourd'hui qu'à un stade assez avancé de la maladie.
Mais la promotion sera limitée, précise-t-on au ministère : pour raisons "éthiques", on ne peut proposer systématiquement un traitement à quelqu'un qui pour lui-même n'en a pas encore besoin. Il sera donc offert aux séropositifs "les plus à risque de transmettre" l'infection, comme ceux qui appartiennent à des couples sérodifférents (un séropositif et un qui ne l'est pas).
Pour les toxicomanes, une population réduite mais où l'infection ne diminue pas, peu de mesures nouvelles sont envisagées dans le cadre du plan.
Le nombre de personnes vivant avec le VIH en France a été évalué à environ 144.000 à la fin 2008, dont 31.000 personnes sont au stade sida. Le nombre de décès liés au sida, de 873 en 2001, était estimé à 358 en 2008.
Le plan se donne comme objectif de réduire de 50% en cinq ans l’incidence de l’infection par le VIH et du sida et de réduire de 20% la mortalité. Son financement est estimé, hors budget soins, à près de 954 millions d'euros, dont 400 millions à la charge de l'assurance maladie. Soit, selon la ministre, 10% de plus que le plan précédent.
![]() | Source AFP modifié le 07/11/2010 |













