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Plus de 15% des cigarettes fumées en France achetées illégalement

 

Ma santé

 

Une cigarette sur six (15,8%) fumée en France est issue de la contrebande et de la contrefaçon, selon une étude du cabinet KPMG à la demande de Philip Morris, qui montre que le phénomène, "encore méconnu", selon le fabricant, relève plus du "crime organisé" que du petit trafic.

 

Des cigarettes

Source photo : Yuri Cortez [AFP/Archives]


L'étude confirme qu'en France, au moins 20% des cigarettes fumées n'ont pas été achetées dans le réseau officiel des buralistes. D'autres études réalisées par des fabricants, mais aussi une étude des Douanes, aboutissent à la même proportion.

KPMG estime cependant que la proportion a "légèrement augmenté" entre 2010 et 2011 pour se situer à 21,1%.

Selon cette étude, 15,8% de ces 21,1% sont des cigarettes de contrebande ou de contrefaçon, achetées illégalement. Alors que 5,3% ont été achetées légalement à l'étranger ou en duty free, par des fumeurs pour leur consommation personnelle.

De leur côté, les Douanes, dans une étude publiée en septembre, estimaient que seulement 5 de ces 20% étaient issues de la contrebande et de la contrefaçon.

Interrogé, Klaus Berg, responsable de la lutte anti-contrefaçon pour l'Europe du nord chez Philip Morris, n'avait pas d'explication pour justifier cette différence. Il a mis en avant l'étude, réalisée chaque année depuis 2006, dont la méthode est transparente et validée par l'Olaf (l'office européen de lutte antifraude).

Egalement sollicitées par l'AFP, les Douanes n'avaient pas répondu en début d'après-midi.

La contrebande et la contrefaçon sont des "phénomènes d'envergure mondiale", a expliqué Renaud Gaillard, directeur des affaires publiques de la filiale française de Philip Morris International, qui a des conséquences "économiques et sanitaires".

Ces trafics, "contrecarrent les objectifs de santé publique" car ils permettent d'acheter des cigarettes à moitié prix, "trompent les consommateurs", surtout avec les cigarettes de contrefaçon, génèrent "un manque à gagner fiscal" (les cigarettes illicites échappent à la taxe de 82% appliquées sur celles vendues dans les bureaux de tabac, ndlr) et sont "une source de revenu pour le crime organisé", énumère M. Gaillard.

Il souligne la nécessité "d'avoir une approche globale", d'évaluer "les conséquences en matière de développement du commerce illicite de produits du tabac". Il vise notamment "les projets européens de paquets génériques" (des paquets uniformes sans logo, ni couleur), "la suppression des linéaires" sur lesquels les paquets sont visibles chez les buralistes, des "mesures réglementaires" qu'il juge "excessives".

Le tabac provoque chaque année en France 73.000 décès, dont la moitié par cancer. Le gouvernement a annoncé une prochaine hausse de 6% du prix du tabac à l'automne, faisant passer tous les paquets vendus en France à 6 euros au moins.

AFPSource AFP
modifié le 11/07/2012