Plus de 50% des victimes de lésions cérébrales risquent une dépression grave
Plus de la moitié des patients victimes de lésions cérébrales, comme des accidentés de la route mais aussi de nombreux soldats, risquent de développer une sévère dépression dans les douze mois qui suivent le traumatisme, indique une étude américaine publiée mardi dans JAMA.

Source photo : Joel Saget [AFP/Archives]
Le professeur Charles Bombardier, de la faculté de médecine de l'Etat de Washington à Seattle a relevé que sur 559 patients ayant subi des dommages traumatiques au cerveau (TBI), 297 soit 53,1% étaient atteints de dépression majeure (MDD) dans l'année. Ce taux est huit fois supérieur à ce qu'il est pour la population en général.
Les participants à l'étude étaient pour la plupart des hommes ayant été blessés dans un accident de voiture mais l'étude souligne que les traumatismes au cerveau sont aussi une des blessures caractéristiques que subissent les soldats américains aujourd'hui.
L'étude a constitué en une série d'entretiens mensuels pendant six mois puis un suivi aux 8e, 10e et 12e mois.
Un mois après l'accident, près d'un tiers des hommes (31%) souffraient de dépression majeure. La dépression majeure implique des symptômes de mélancolie anxieuse avec agitation, agression, ralentissement moteur et psychomoteur, médiocre convalescence, fort taux de tentatives de suicides, précise l'étude.
Au bout de six mois, un patient sur cinq (21%) souffrait encore de dépression sévère.
Plusieurs facteurs prédisposent en outre à développer une dépression après un traumatisme du cerveau: les antécédents psychologiques, l'âge (les 18-29 ans ont plus de chances de tomber en dépression que les plus de 60 ans) et la dépendance à l'alcool.
En outre, 60% des patients souffrant de dépression avaient des symptômes d'anxiété. Sur l'échantillon, seulement 44% des interrogés avaient reçu une aide psychologique ou un traitement.
L'étude conclut au regard de ces données que des traitements préventifs peuvent être mis en place, sachant que le risque de dépression, très fort au cours des 3 premiers mois, reste toujours présent pendant un an "et probablement au-delà".
![]() | Source AFP modifié le 19/05/2010 |













