Poisson et grossesse : point trop n'en faut
Le 03/08/2010 Ã 19:04
Les poissons sont sources importantes d'oméga-3, des acides gras polyinsaturés, indispensables au développement du cerveau foetal. Ces oméga-3 ne doivent pas faire défaut tout au long de la grossesse. Or le poisson a aussi l'inconvénient de renfermer des traces de mercure, un métal neurotoxique, particulièrement au cours du développement. Alors quelles consignes peut-on donner aux femmes enceintes ?
Le mercure ayant la possibilité de s’accumuler dans tous les tissus de l’organisme, des chercheurs ont analysé la relation entre le taux de mercure retrouvé dans les cheveux de femmes enceintes et leur consommation de poisson.
Toutes étaient des habitantes de Toronto, au Canada. Elles ont été réparties en 3 groupes : des femmes d’origine japonaise réputées pour leur consommation importante en poisson, des femmes ayant eu pour consigne de limiter cette catégorie alimentaire et des femmes témoins.
Après qu’elles aient indiqué leur consommation réelle en poisson, la concentration de mercure dans leurs cheveux a été déterminée. Le seuil de toxicité fœtale est fixé à 0,3 µg de mercure par gramme de cheveux maternels.
Voici les résultats :
- Femmes japonaises : 10 fois du poisson par mois ; taux de mercure : 1,7µg.
- Femmes témoins : 4 fois par mois ; 0,4 µg.
- Femmes ayant limité le poisson : 2 fois par mois ; 0,2 µg.
Près des deux tiers des futures mères, toutes les Japonaises et 15 % des femmes témoins, présentaient donc des concentrations de mercure au-dessus du seuil de toxicité.
En conclusion, plus les femmes enceintes mangent de poisson, plus le taux de mercure augmente. Il faut donc limiter sa consommation au cours de la grossesse et éviter les gros poissons qui concentrent davantage de mercure que les petits. Pour celles qui consomment beaucoup de poisson, une analyse de la concentration de mercure dans leurs cheveux pourrait se révéler utile.
Enfin, pour faire le plein d’oméga-3, on peut consommer par exemple, des fruits à coque, des œufs bleu-blanc-cœur, de l’huile de colza. Dans tous les cas, une supplémentation en oméga-3 est à discuter avec son médecin.

Auteur : ISABELLE EUSTACHE
Source : Schoeman K. et coll, J. Pediatr., 157: 127-31; 2010. Source image : Fotolia












