Polémique après un refus de formation sur les atteintes cardiaques dues au médicament
Le Fonds d'assurance de la formation médicale (FAF-PM) a récemment refusé de financer une formation pour médecins sur les atteintes des valves cardiaques liées à la prise de médicaments, une décision qui a soulevé un début de polémique en pleine affaire Mediator.

Source photo : Dylan Calves [AFP/Archives]
"C'est stupéfiant", a déclaré à l'AFP mardi le député Gérard Bapt, président de la Mission d'information de l'Assemblée nationale sur le Mediator, s'indignant notamment des motifs invoqués pour ce refus.
Le FAF-PM, organisme agréé pour gérer le financement de la formation des médecins, a refusé fin mai de donner son feu vert à un enseignement de "l'Union nationale de formation continue et d'évaluation en médecine cardiovasculaire" (UFCV) sur les valvulopathies (atteintes des valves cardiaques) en lien avec la prise d'un médicament.
"Pourtant, chaque semaine près de 7.000 échocardiographies sont réalisées, le plus souvent par les cardiologues libéraux, à la demande de l'Afssaps, suite à la prise du benfluorex" (Mediator), avait alors protesté l'UFCV dans un communiqué.
Dans sa lettre de refus adressée à l'UFCV, le FAF-PM estimait notamment qu'il s'agissait "désormais d'un problème de santé publique qui ne relève pas de sa compétence". Il indiquait aussi ne pas souhaiter "cautionner" la formation, "dans le contexte actuel de judiciarisation".
"Les formations que nous finançons doivent être valides sur le plan scientifique. Or, il n'y a pas de lien irréfutable entre le Mediator et les valvulopathies dans l'Evidence Based Medicine (preuve scientifique, ndlr)", a par ailleurs déclaré son président, le Dr Pierre-Yves Lussault, dans l'édition du 27 juillet du Quotidien du Médecin.
"Les avocats du Groupe Servier (fabricant du Mediator, ndlr) ne pouvaient rêver d'un meilleur soutien", a estimé M. Bapt, jugeant que le gouvernement devrait exiger la démission de M. Lussault.
![]() | Source AFP modifié le 03/08/2011 |













