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Prématurés : il n'y a pas de petite douleur pour les poids plume

 

Enfants et Adolescents

 

Poids plume pas tout à fait finis, les bébés prématurés sont accueillis dans des services de pointe qui ont aujourd'hui à coeur de prendre en compte leur douleur et leur inconfort, soulignent des spécialistes à l'occasion des assises PremUp, samedi 5 juin à Paris.

 

Un nouveau-né dans une maternité

Source photo : Didier Pallages [AFP/Archives]


Les naissances prématurées ont augmenté de 15% en 10 ans, atteignant 7% des naissances en France, soit 55.000 prématurés chaque année. Une hausse attribuée aux grossesses tardives (21% à plus de 34 ans) et aux grossesses multiples avec le développement des traitements de la stérilité.

Précipités dans un monde hostile de machines et de tuyaux, ces bébés de quelques centaines de grammes font l'objet d'une surveillance intensive qui a d'abord fait passer au premier plan leur survie.

La reconnaissance de la douleur du nouveau-né remonte à une vingtaine d'années seulement. Depuis, d'importants progrès ont été réalisés, même s'il y a encore "de très grandes variations d'un hôpital à l'autre", selon Ricardo Carbajal (Armand Trousseau, Paris).

Intubations, prélèvements sanguins répétitifs, perfusions... autant de gestes médicaux qui font mal. Une étude menée en Ile-de-France sur 430 nouveaux-nés en réanimation néonatale a montré qu'un quart d'entre eux avait reçu plus de 150 gestes douloureux les deux premières semaines de leur hospitalisation.

Or on sait aujourd'hui que le stress et la douleur sont nocifs pour le développement cérébral et peuvent avoir des conséquences plus tard.

Des progrès dans la prise en charge de la détresse vitale ont allégé le fardeau du tout petit qui autrefois était attaché par crainte qu'il ne retire le matériel destiné à le soigner (tube d'intubation).

"Les antalgiques, comme la morphine ou le paracétamol sont aujourd'hui utilisés plus largement", indique Pierre-Henri Jarreau (Cochin Port-Royal). "Mais il n'est pas toujours anodin d'utiliser certains médicaments", souligne-t-il. Il n'est pas non plus facile de trouver la bonne dose chez un bébé dont le métabolisme évolue chaque jour.

On utilise également des techniques plus spécifiques, comme les solutions sucrées données avant un soin douloureux. Les soins peuvent être effectués par deux personnes : l'une réalise le geste technique, l'autre, soignant ou parent, apporte réconfort à l'enfant en le touchant ou en lui faisant tenir un doigt (grasping).

Mais pour Sonia Guillaume, infirmière puéricultrice (Robert Debré), des soins de base comme le change peuvent aussi devenir douloureux et demandent beaucoup d'attention. Il faut en outre veiller à positionner le prématuré, incapable de bouger par lui-même, de façon confortable.

L'expression de la douleur n'est pas toujours facile à percevoir. Ce sont souvent de petits signes : aspect du visage, mimiques, modifications de la fréquence cardiaque.

Les services de néonatalogie essaient de limiter les agressions sonores, comme les alarmes des machines et l'éclairage. "Le prématuré se retrouve plongé dans la lumière et le bruit à une période importante de son développement où il devrait encore être in utero", souligne le Pr Jarreau.

Enfin les parents sont de plus en plus associés à la vie du prématuré, notamment par le "peau à peau", qui consiste à mettre le bébé, même grand prématuré, au contact direct de la peau de la maman ou du papa. "C'est un moment intense d'émotion", témoigne Mme Guillaume.

Créée en septembre 2007, le réseau de coopération scientifique PremUp se consacre à la protection de la femme enceinte et à la prévention de la prématurité. Ses assises ont pour thème cette année "la douleur du foetus et du nouveau-né prématuré".

AFPSource AFP