Prolapsus
Le 04/08/2010 Ã 15:29
Le prolapsus ou descente d'organe est fréquent chez les femmes. Si ce phénomène survient généralement au-delà de 50 ans, des femmes plus jeunes, notamment des sportives, peuvent aussi en souffrir. A quoi est dû un prolapsus ? Quels sont les symptômes et les traitements ?
Le prolapsus est fréquent au-delà de 50 ans et chez les sportives
Près d’une femme sur trois est touchée. Il survient généralement chez des femmes de plus de 50 ans. Les femmes jeunes peuvent cependant en être atteintes, lorsqu’elles accumulent certains facteurs de risques (grossesse, activité physique, faiblesse du tissu conjonctif…).
A quoi est dû le prolapsus ?
Le prolapsus désigne une descente d’un organe ou d’une partie d’un organe (vessie, utérus, vagin, rectum, péritoine) pouvant parfois aboutir à l’extériorisation de l’organe.
Ce phénomène de descente d’organe est dû à un relâchement de ses tissus de soutien : muscles du périnée, ligaments et fascias (membrane fibreuse qui englobe les organes). C’est ainsi que les facteurs de risque du prolapsus sont tous les évènements susceptibles de malmener ses tissus de soutien, comme l’accouchement ou l’activité physique importante, mais il en existe beaucoup d’autres.
Quels sont les facteurs de risque ?
· L’âge : avec le vieillissement, les tissus de soutien des organes génitaux se distendent. Le déficit hormonal qui survient à la ménopause contribue à l’altération de ses tissus.
· Le poids : plus il est élevé, plus la pression sur les organes du bas-ventre est importante.
· L’accouchement : le risque augmente avec le nombre d’accouchements.
· Le poids de naissance des enfants : plus un bébé est gros à la naissance, plus les muscles et les ligaments sont malmenés, avec parfois des risques de déchirement.
· L’hystérectomie ou ablation de l’utérus.
· Facteur congénital : déficience du tissu collagène ou anomalie du tissu conjonctif, donnant les tissus trop élastiques qui se distendent trop facilement.
· La position de l’utérus dans l’abdomen.
· Une intervention chirurgicale dans le pelvis.
· Les efforts physiques importants, qu’ils soient sportifs, professionnels ou domestiques.
· Le tabagisme : il fragilise le tissu conjonctif et les muscles pelviens en raison des quintes de toux.
· L’asthme, la rhinite allergique, la bronchite chronique (à cause de la toux que ces affections engendrent).
· La constipation sévère qui sollicite le plancher pelvien et s’accompagne d’à-coups répétés.
Quels sont les symptômes d’un prolapsus ?
Tout dépend du stade, de l’organe et de la localisation du prolapsus. Mais assez rapidement un prolapsus peut fortement retentir sur la qualité de vie quotidienne et détériorer la vie sexuelle.
· Sensation de pesanteur pelvienne.
· Difficultés ou douleurs lors des rapports sexuels.
· Incontinence urinaire.
· Difficultés à uriner, mictions à répétition.
· Infections urinaires fréquentes.
· Constipation.
· Incontinence anale.
Du diagnostic au traitement
Le diagnostic repose sur les symptômes, l’identification des facteurs de risque et les antécédents de la patiente, un examen clinique et une consultation spécialisée.
Le choix du traitement dépend de nombreux facteurs, allant du retentissement des symptômes sur la qualité de vie, en passant par l’âge de la patiente et de son désir de grossesse.
La rééducation
La rééducation périnéale s’adresse à des prolapsus débutants. Efficace, elle aboutit à une nette amélioration fonctionnelle en renforçant la musculature.
Parfois, des séances de rééducation sont prescrites avant le traitement chirurgical car elles permettent de faciliter la récupération post-opératoire.
La chirurgie
La chirurgie consiste à remettre les organes en place et à réparer les tissus de soutien défectueux, parfois à l’aide de prothèse.
A titre d’exemple, certains ligaments distendus peuvent être renforcés ou raccourcis, tandis que certains muscles peuvent être resserrés. Ce type de réparation avec les propres tissus de la patiente a l’inconvénient de s’accompagner d’un risque de récidive. Pour limiter ce risque, la réparation peut être renforcée par l’utilisation de prothèse, sorte de filets de synthèse qui sont progressivement colonisés par les tissus naturels.
Il faut retenir qu’il n’existe pas de chirurgie type. Chaque cas est particulier et le chirurgien doit adapter les gestes et la technique à la patiente.

Auteur : ISABELLE EUSTACHE
Source : Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF).












