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Prothèses mammaires défectueuses : plus de 500 plaintes déposées à Marseille

 

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Plus de 500 plaintes ont été déposées jeudi auprès du procureur de la République de Marseille par des femmes porteuses de prothèses mammaires défectueuses du fabricant varois PIP, en liquidation judiciaire et visé par une enquête pour une fraude présumée à grande échelle.

 

Des salariés du fabricant de prothèses mammaires PIP lancent des prothèses mammaires le 10 avril 2010 à La Seyne-sur-Mer devant leur usine

Source photo : Anne-Christine Poujoulat [AFP/Archives]




Source photo : AFPTV


"On demande le remplacement systématique et gratuit de nos prothèses", a déclaré Alexandra Blachère, présidente de l'association des Porteuses de Prothèses PIP (PPP), qui regroupe 1.100 membres dont certaines réclament aussi des indemnités pour le préjudice qu'elles ont pu subir.

"On est face à une escroquerie certaine, d'autant plus inadmissible qu'elle touche à la santé des clientes de l'entreprise", a estimé l'un des avocats des plaignantes, Maître Jean-Christophe Coubris, du barreau de Bordeaux.

L'affaire Poly Implant Prothèses (PIP) avait été révélée le 30 mars par l'agence des produits de santé, alertée par un taux de rupture de prothèses anormal et après la découverte d'une fraude inédite sur le gel de silicone utilisé par cette entreprise basée à La Seyne-sur-Mer (Var).

Une enquête préliminaire, toujours en cours, avait été ouverte au pôle de santé publique du parquet de Marseille avant la révélation de l'affaire.

"D'après ce que nous a dit un employé, le gel de bonne qualité, pour lequel PIP avait reçu une autorisation, était stocké dans une cuve pour les contrôles, tandis qu'un autre gel, moins cher, lui était substitué dans la fabrication pour faire des économies", a expliqué l'avocat.

Selon lui, PIP facturait ses prothèses 600 euros la paire aux chirurgiens, dont les interventions coûtaient ensuite de 1.000 à 6.000 euros aux patientes.

Le nombre de femmes porteuses de prothèses PIP est de 30.000 en France (sur 500.000 ayant des implants) et environ 300.000 à l'étranger, PIP ayant été un temps troisième fabricant mondial avant de connaître des difficultés financières qui ont abouti à sa mise en liquidation judiciaire le 30 mars par le tribunal de commerce de Toulon, laissant 120 salariés sur le carreau.

Selon le médecin expert de l'association PPP, Dominique-Michel Courtois, le gel frauduleux utilisé par PIP fissure assez rapidement l'enveloppe de la prothèse, alors que la durée normale d'un implant va de 10 à 15 ans. En cas de rupture, la dispersion du gel dans le corps peut engendrer des troubles de santé qui font l'objet actuellement d'analyses médicales.

"On ne connaît pas encore la composition de ce gel et on peut se poser des questions sur sa nocivité", a souligné le médecin.

"Cela m'a fait des ganglions et j'ai ressenti de grandes fatigues qui ont failli provoquer un accident de voiture très grave", a témoigné Annick Dejoie, l'une des femmes présentes.

"J'avais déjà changé mes implants PIP il y a six ans et ils m'ont remis les mêmes. Au bout de deux ans et demi, j'ai eu mal au sein gauche et une IRM a révélé des fuites. Je ne veux pas garder ça. On va la remplacer une nouvelle fois", a raconté Danièle Chirouze, 67 ans, une autre plaignante.

Deux femmes de l'association PPP, selon sa présidente, ont vu la chair de leur sein attaquée par le gel après rupture de leur prothèse. Environ 70% des membres de l'association ont reçu un implant mammaire lors d'une intervention de chirurgie esthétique, les autres ayant fait appel à une reconstruction mammaire après un cancer du sein, selon la même source.

AFPSource AFP
modifié le 13/06/2010