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Prothèses mammaires PIP: les Britanniques laissées dans l'incertitude

 

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Près de 40.000 femmes britanniques porteuses de prothèses mammaires de mauvaise qualité PIP sont dans l'incertitude, le gouvernement excluant un retrait systématique contrairement à la France, et la plupart des cliniques privées impliquées restant muettes.

 

Une prothèse de la société PIP photographiée le 3 janvier 2012, dans le sud de la France

Source photo : Anne-Christine Poujoulat [AFP/Archives]


Seules les femmes qui ont été opérées dans les hôpitaux publics, généralement pour des reconstructions mammaires à la suite d'un cancer du sein, peuvent "si elles sont inquiètes et en accord avec leur médecin" avoir leurs implants retirés et remplacés gratuitement.

Mais seulement 5% des quelque 40.000 Britanniques porteuses d'implants PIP sont dans ce cas, soit 2 à 3.000 femmes, 95% étant passées par des cliniques privées de chirurgie esthétique.

Or, si le gouvernement "attend du secteur privé qu'il offre le même service" que le service de santé public, les cliniques rechignent à prendre en charge les opérations et surtout à payer la note.

"L'annonce du gouvernement est très étrange, parce qu'il espère que les cliniques privées vont suivre l'exemple (du service public de santé) mais sans les y contraindre formellement", a expliqué à l'AFP Esylt Hughes, du cabinet d'avocats Hugh James.

"Cela montre que le gouvernement n'a pas les moyens de contrôler l'industrie de la chirurgie esthétique comme il le devrait, et comme l'opinion pourrait s'y attendre", s'insurge-t-elle.

Six cents femmes concernées par les implants PIP ont saisi son cabinet, qui va intenter en justice une action groupée portant initialement sur 250 cas d'ici la fin du mois.

Il s'agit à la fois de femmes angoissées depuis les révélations sur la mauvaise qualité des prothèses - dont le gel était destiné à un usage industriel - et souhaitant leur retrait, et de femmes qui ont déjà été réopérées à la suite d'une rupture de l'implant et qui exigent réparation.

"Certaines femmes ont dû subir deux nouvelles opérations, une pour ôter les implants puis une autre pour les remplacer, avec ce que cela suppose de souffrance, et elles demandent réparation", a souligné l'avocate.

Quelques rares cliniques privées se sont engagées à retirer à leur frais, voire à remplacer les prothèses PIP, mais les plus grosses n'ont pris aucun engagement à ce jour, rejetant la responsabilité sur l'agence publique de contrôle sanitaire.

"Tous les chirurgiens du secteur public et privé ont utilisé ces implants, qui n'étaient pas les moins chers du marché, en toute bonne foi sachant qu'ils avaient été approuvés par l'agence sanitaire du gouvernement, la MHRA", a souligné Sally Taber, directrice de l'Independent Healthcare Advisory Service qui représente la majorité des cliniques privées.

Le groupe privé Harley Medical, qui a conduit près du tiers des poses d'implants PIP au Royaume-Uni (13.900 opérations entre 2001 et leur interdiction en 2010) propose seulement un numéro d'appel sur son site internet.

"Nous publierons un communiqué dans les 24 heures", a indiqué à l'AFP sa porte-parole Hannah Walsh. A ce stade, le groupe propose une consultation gratuite.

Transform, reponsable de 4.000 poses de prothèses PIP, propose aux femmes de retirer les implants... à leur frais, soit 2.800 livres (3.395 euros). Encore ce prix ne tient-il par compte d'un remplacement par d'autres implants.

Si 40.000 Britanniques demandaient le remplacement de leurs implants, la facture pourrait atteindre 200 millions de livres (243 M EUR), selon la BBC.

"En France, le système de santé public va prendre en charge (le retrait) mais nous pensons que l'industrie de la chirurgie esthétique doit assumer ses reponsabilités", souligne l'avocate Esylt Hughes.

AFPSource AFP
modifié le 10/01/2012