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Prothèses mammaires PIP : un 4e cas de cancer connu

 

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Un nouveau cas de cancer du sein chez une femme ayant eu des prothèses mammaires PIP, le 4e cas de tumeur connu parmi les porteuses de ces implants, a été enregistré vendredi à l'agence des produits de santé (Afssaps).

 

Une prothèse mammaire PIP défectueuse, le 10 juin 2010 à Marseille

Source photo : Gerard Julien [AFP/Archives]


"Ce cas de cancer du sein, qui n'est pas un lymphome (une tumeur rare), a été signalé par une patiente de Toulon", a précisé lundi à l'AFP Jean-Claude Ghislain, directeur de l'évaluation des dispositifs médicaux à l'Afssaps.

Ce cas est le 4e connu chez les 30.000 porteuses de ces implants frauduleux. Toutefois, l'Afssaps n'a pas reçu le dossier d'un de ces cas survenu dans le Gers. La relation de cause à effet n'est cependant pas établie entre ces prothèses et l'apparition de ces cancers, selon les spécialistes.

Le nouveau cas enregistré concerne une Toulonnaise, Muriel P., 35 ans, toujours porteuse de ces prothèses, qui a développé un cancer du sein deux ans après son opération esthétique et qui a contacté d'elle-même jeudi soir les autorités sanitaires, ainsi qu'elle l'a raconté à Var Matin.

"Son cas n'était pas connu. Aucun des organismes, ni des chirurgiens qui l'ont soignée n'avait fait remonter l'information. Pas même depuis l'éclatement du scandale PIP", note le quotidien dans son édition de samedi.

Deux autres cas de cancer ont déjà été enregistrés par l'Afssaps : celui (adénocarcinome) touchant une femme en vie, notifié le 5 décembre dernier chez une patiente portant des prothèses PIP depuis plusieurs années, et celui d'une forme rare de tumeur - un "lymphome anaplasique à grandes cellules - qui a provoqué le décès, le 21 novembre, d'une femme de 53 ans, Edwige Ligoneche, ancienne porteuse de prothèses PIP.

Cette tumeur est le premier cas de lymphome connu sur les prothèses PIP, et le premier cas de lymphome connu en France sur des prothèses mammaires, quelles qu'elles soient, souligne l'Afssaps.

Un second décès par cancer, survenu en 2010 dans le Gers, a par ailleurs été révélé par le procureur de Marseille à l'occasion de l'ouverture d'une information judiciaire pour "homicide involontaire" consécutive à la plainte déposée par la mère de la victime.

L'Afssaps, qui n'avait pas été saisie de ce cas la semaine dernière, indiquait lundi n'avoir toujours rien reçu concernant ce dossier.

Afin de sensibiliser les spécialistes à la nécessité de signaler les cas de cancers, sans préjuger d'un lien de cause à effet, "l'Afssaps va lancer cette semaine, une action spécifique sur les prothèses mammaires vers les cancérologues et leur réseau lymphomes", a noté M. Ghislain.

Le cancer du sein concerne environ 50.000 femmes chaque année. Les deux tiers de ces cancers fréquents surviennent après 50 ans.

En revanche, la fréquence de la forme de lymphome du sein, signalé dans cette affaire, a été estimé à 3 cas par an sur cent millions de femmes aux Etats-Unis, selon l'Afssaps.

Un comité de suivi comprenant l'ensemble des parties prenantes (autorités sanitaires, professionnels de santé, sociétés savantes, associations de patients et victimes...) se réunira mercredi.

Il s'agit de voir avec les associations de quels types d'informations, de précisions et d'accompagnement les victimes ont besoin, a indiqué dimanche Xavier Bertrand, ministre de la Santé.

Plus de 2.000 plaintes de femmes ayant eu des prothèses PIP ont été enregistrées à Marseille.

Un numéro vert - 0800 636 636 - (du lundi au samedi, de 9h00 à 19h00) a été mise en place pour répondre aux interrogations des femmes concernées.

AFPSource AFP
modifié le 14/12/2011