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Prothèses mammaires : un repreneur américain pour le fabricant varois PIP

 

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Le tribunal de commerce de Toulon a retenu la semaine dernière la société Gem Care, dont le siège social est à New York, pour la reprise du fabricant varois de prothèses mammaires Poly Implant Prothèse (PIP), soupçonnée de fraudes, a-t-on appris dimanche de source syndicale.

 

Des salariés du fabricant de prothèses mammaires PIP lancent des prothèses mammaires le 10 avril 2010 à La Seyne-sur-Mer devant leur usine

Source photo : Anne-Christine Poujoulat [AFP/Archives]


"Le tribunal de commerce a retenu la société Gem Care au sein de laquelle figurent d'anciens cadres et dirigeants de PIP", a déclaré à l'AFP le délégué CFDT de PIP, Eric Mariaccia.

Selon la même source, "la société américaine, en cours de constitution, s'est engagée à embaucher sur 90 jours, 37 des 116 salariés licenciés".

Toujours selon Eric Mariaccia "en moins de quinze jours la société pourrait reprendre son activité sur le site de La Seyne-sur-Mer".

L'affaire PIP avait éclaté le 30 mars avec la révélation par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) de retrait du marché des prothèses fabriquées dans le Var.

En cause: un taux de rupture anormal, "de l'ordre du double en termes de fréquence" comparé aux autres fabricants, sachant que les implants ont habituellement une durée de vie d'une dizaine d'années. Selon les éléments recueillis sur le site par les enquêteurs, PIP utilisait un gel de silicone différent de celui qui avait été déclaré aux autorités sanitaires.

Le même jour, le tribunal de commerce de Toulon prononçait la liquidation judiciaire de l'entreprise, laissant 116 salariés sur le carreau. Une enquête avait déjà été ouverte par le pôle santé du parquet de Marseille.

Depuis, plusieurs centaines de plaintes ont été déposées par des femmes porteuses de prothèses PIP, dont le nombre est estimé à 30.000 en France, sur 500.000 porteuses de prothèses mammaires. A l'étranger, où PIP, un temps troisième fabricant mondial, expédiait 90% de sa marchandise, leur nombre serait de 200.000 à 300.000.

Le 13 juillet, après l'audition par le tribunal de commerce de deux candidats à la reprise dont une société basée à Albi (Tarn-et-Garonne), les personnels, en découvrant la candidature de la société américaine, avaient dénoncé dans un communiqué "les agissements toujours opaques qui continuent à planer autour de cette affaire".

AFPSource AFP
modifié le 04/08/2010