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Prothèses PIP: les propos de M. Mas, "scandaleux" et "ignobles" pour Nora Berra

 

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Les propos de Jean-Claude Mas, fondateur de la société varoise PIP, qui nie la toxicité de ses prothèses mammaires frauduleuses, sont "scandaleux" et "ignobles", a déclaré mercredi la secrétaire d'Etat chargée de la Santé, Nora Berra.

 

Gros plan d'un implant mammaire PIP défectueux, retiré d'une Vénézuélienne et photographié le 5 janvier 2012

Source photo : Leo Ramirez [AFP/Archives]


Photo prise le 17 janvier 2011 à la Seyne-sur-Mer du fondateur de la société PIP Jean-Claude Mas

Source photo : Eric Estrade [AFP/Archives]


"C'est l'expression assumée d'un mépris inouï des femmes", a affirmé Mme Berra à l'AFP, en réaction à des interviews accordés par le fondateur de Poly Implant Prothèse (PIP) à plusieurs médias.

"Il assume avec arrogance le fait qu'il utilisait du gel industriel non-homologué dans un objectif assumé de chiffre d'affaires, de rentabilité, en niant qu'il a fait courir des risques à ces femmes", a indiqué Mme Berra.

La secrétaire d'Etat voit dans les propos de M. Mas, qui s'en prend au ministre de la Santé Xavier Bertrand, une "stratégie" d'attaque pour essayer d'échapper à ses responsabilités.

"Aujourd'hui il s'invente expert. Donc il sait mieux que les experts de l'Institut national du cancer les conséquences de ses gels frelatés. Soyons sérieux, là il y a un amalgame complet de sa part", a poursuivi Mme Berra.

"Je vais être très claire là-dessus, les experts qui ont été réunis par l'INCa ont dit effectivement qu'il n'y avait pas de risque accru de cancer, mais il y avait bien un risque établi s'agissant des ruptures et s'agissant du pouvoir irritant du gel sur les tissus mammaires", a-t-elle dit.

"Les conséquences ne sont pas anodines et c'est bien les experts qui nous ont interpellés sur ces risques", a-t-elle souligné.

Dans un échange téléphonique diffusé mardi sur M6, M. Mas a admis avoir produit des prothèses frauduleuses, tout en niant leur toxicité et en s'en prenant à la recommandation du ministre de la Santé, aux 30.000 femmes porteuses de prothèses PIP, de les faire retirer.

"Qui c'est qui a demandé d'explanter les patientes, et pourquoi? Parce que les experts étaient absents. Parce que M. Bertrand n'est pas, que je sache, un scientifique (...) c'est pas croyable alors qu'il savait que ce gel n'est pas toxique", déclare notamment Jean-Claude Mas à M6.

Sur RTL, Mas a également attaqué le ministre de la Santé: "Ce monsieur a décidé de rembourser les patientes alors qu'il n'y avait aucune raison médicale de le faire".

"Pourquoi aller payer à des patientes des explantations alors qu'il y a un risque chirurgical qui est réel ? Cette décision, c'est criminel", ajoute-t-il.

AFPSource AFP
modifié le 20/01/2012