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Recherche sur l'embryon: les députés en restent à l'interdiction

 

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Les députés n'ont pas emboîté le pas des sénateurs mercredi et ont renouvelé leur vote en faveur de l'interdiction, avec dérogations, de la recherche sur l'embryon, comme souhaité par le gouvernement qui a réfuté tout "obscurantisme" et entrave à la recherche.

 

La secrétaire d'Etat à la Santé Nora Berra à l'Elysée le 17 novembre 2010

Source photo : Lionel Bonaventure [AFP/Archives]


La division cellulaire d'un embryon observée lors d'un programme de procréation médicale assistée

Source photo : Anne-Christine Poujoulat [AFP/Archives]


Interdite par les députés en première lecture, autorisée par les sénateurs, puis de nouveau interdite au stade de la commission à l'Assemblée... la recherche sur l'embryon et les cellules souches suscite bien des atermoiements chez les parlementaires.

Dès mardi soir, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, est venu réaffirmer la position du gouvernement: l'interdiction avec dérogations, datant de 2004, est la "meilleure" des solutions. "On ne ferme pas la porte aux avancées de la science", a-t-il ajouté mercredi soir.

L'amendement présenté par le rapporteur UMP Jean Leonetti pour rétablir le statu quo de l'interdiction a été voté à une large majorité: 73 contre 33.

Philippe Gosselin (UMP) s'est dit "étonné" du "procès en ringardise et en obscurantisme" fait à sa majorité, accusée de légiférer sous influence, et notamment celle de l'église catholique.

Et le député PS Gaëtan Gorce d'embrayer frontalement: "On a là un gouvernement qui veut remporter une victoire politique!", a-t-il dénoncé. "Même ceux (députés de la majorité) qui défendaient l'idée de l'autorisation ont été interdits d'hémicycle!", a-t-il affirmé.

Xavier Bertrand s'était défendu depuis mardi d'avoir "versé dans l'obscurantisme". "Je ne suis pas manipulée par un quelconque lobby", avait renchéri Nora Berra, questionnée sur le sujet. "Les groupes confessionnels, religieux font partie de la société, ils alimentent la discussion", a-t-elle poursuivi.

"Pas de pression ? Il y a des pressions terribles !", glissait pourtant dans les couloirs de l'Assemblée nationale un député de la majorité, levant les yeux au ciel.

Hors Assemblée, c'est la franc-maçonnerie, par la voix du Grand Orient de France (GOF), qui s'est "étonnée" et "inquiétée" des récents propos de Monseigneur Vingt-Trois parlant d'un "recul de civilisation". Cela dénote "un obscurantisme et un mépris des positions éthiques laïques qui sont évidemment la préoccupation des élus concernés et à qui l'on doit reconnaître la conscience de leur responsabilité", a estimé le GOF.

"Quand on me dit qu'on peut se passer de la recherche sur les cellules souches, ce n'est pas vrai", argue lui aussi le député Olivier Jardé (Nouveau Centre), qui évoque aussi "la lisibilité" par rapport aux pays étrangers.

Cinquante-huit députés de la majorité ont signé une tribune en faveur de l'interdiction. Trois ont demandé une commission d'enquête évoquant de possibles conflits d'intérêts avec les laboratoires. Jean-Marc Nesme (UMP) a ainsi évoqué dans la nuit de mardi et mercredi, sans précisions, "des courriers du Leem" (syndicat de l'industrie pharmaceutique, NDLR).

La question du diagnostic prénatal a aussi cristallisé les débats, le dépistage de la trisomie revenant sans cesse sur le tapis. Les députés ont précisé les contours du diagnostic en stipulant que la femme doit recevoir une information "loyale, claire et appropriée".

Les députés ont aussi repoussé le transfert d'embryon après le décès du père.

L'examen du projet de loi, révisant les lois bioéthique, s'est achevé dans la nuit de mercredi à jeudi. Le texte retournera ensuite au Sénat, après un vote solennel programmé mardi à l'Assemblée nationale.

AFPSource AFP
modifié le 27/05/2011