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Résultats encourageants d'un programme de lutte contre l'obésité des enfants

 

Enfants et Adolescents

 

Le programme Epode, qui veut prévenir le surpoids des enfants par le jeu et le plaisir, a annoncé une baisse de 9% de l'obésité et du surpoids en cinq ans dans neuf villes pilotes, des résultats jugés "plus qu'encourageants" mardi par ses promoteurs.

 

Des adolescents jouent au football

Source photo : Justin Sullivan [AFP/Getty Images/Archives]


Un enfant s'apprête à manger une clémentine, le 28 novembre 2008 à Hérouville-Saint-Clair.

Source photo : Mychèle Daniau [AFP/Archives]


Selon les responsables du programme, les résultats, qui font apparaître une baisse du surpoids et une stabilisation de l'obésité, sont meilleurs que dans d'autres études concernant l'ensemble de la France, où le surpoids des enfants se stabilise et où l'obésité progresse dans les milieux défavorisés.

S'inspirant de l'expérience conduite depuis 1992 dans deux petites villes du Pas-de-Calais (Fleurbaix et Laventie), le programme Epode (Ensemble prévenons l'obésité des enfants) a été créé en 2004 dans dix villes, dont Asnières (Hauts-de-Seine), Evreux (Eure), Roubaix (Nord), Vitré (Ille-et-Vilaine). Une ville a abandonné.

Parmi quelque 24.000 enfants de ces villes, le pourcentage d'obèses est passé en cinq ans de 4,81% à 4,45% et le surpoids a baissé de 15,76% à 14,38%. Soit un total d'enfants obèses ou en surpoids passant de 20,55% à 18,83%, donc en baisse de 9,12%.

Le nombre d'enfants obèses de cet âge est faible, mais le surpoids "fait le lit de l'obésité de l'adulte", note Monique Romon, Professeur de nutrition au CHU de Lille.

La baisse est particulièrement nette dans les zones urbaines les plus favorisées, avec une diminution de l'obésité et du surpoids de 13% (de 18,64% en 2004 à 16,24% en 2009). Elle est de 2% (de 23,7% à 23,15%) dans les Zones d'éducation prioritaire.

Globalement, selon le Pr Romon, le poids de l'ensemble des enfants, en surpoids ou non, a baissé, surtout en dehors des ZEP.

Ces résultats sont considérés comme "plus qu'encourageants" par les responsables du programme, piloté nationalement mais géré par les collectivités locales, même si le résultat est moins brillant qu'à Fleurbaix et Lanventie, où l'obésité et le surpoids ne concernent plus que 8,8% des enfants. Mais "on espère dans 5 ans des résultats meilleurs qu'aujourd'hui", dit le Pr Romon.

Le programme Epode propose aux enfants de 5 à 12 ans des actions pour développer l'activité physique et améliorer l'offre alimentaire, en se centrant sur "le plaisir de manger et de bien bouger". On leur propose par exemple des ateliers sur le poisson, on met un salad'bar en libre service à la cantine...

Dans le cadre d'un programme en cours autour des fruits, le centre de loisirs d'Haulchin (Nord) est décoré de tableaux sur les fruits de saison et de fruits géants en papier mâché. A Condé-sur-l'Escaut (Nord), une "oasis fraîcheur" propose à la cantine des fruits à déguster sous toutes les formes. Une chasse au trésor est organisée autour des fruits à Sorgues (Vaucluse), et on adopte un arbre fruitier à Narbonne (Aude).

Le programme Epode est aujourd'hui mis en place dans 226 villes (dont trois arrondissements de Paris).

Par le biais des agences régionales de santé (ARS), le lien devrait être fait entre ces activités de prévention et la prise en charge médicale, selon le Dr Jean-Michel Borys, médecin-endocrinologue et directeur du programme.

Le député-maire UMP de Vitré, Pierre Méhaignerie, s'est réjoui du succès de cette opération "décentralisée", qui a été mise en place aussi en Belgique, en Espagne, en Grèce, au Mexique et en Australie du sud.

M. Méhaignerie, qui organise cette semaine à Vitré un congrès des villes Epode, a dit attendre "dans les prochains jours" une décision d'étendre les titres-restaurants aux fruits et légumes non préparés, ce qui devrait alléger la facture d'une alimentation de meilleure qualité pour nombre de salariés.

AFPSource AFP
modifié le 26/05/2010