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Retour à la normale aux urgences, selon l'AP-HP

 

Ma santé

 

Les services d'urgence de plusieurs hôpitaux de l'est parisien reprennent leur cours normal après avoir connu durant plusieurs jours des situations tendues, a déclaré samedi à l'AFP Jean Berraud, administrateur de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

 

Photo prise le 03 juillet 2010 à Paris de la façade du siège de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP)

Source photo : Francois Guillot [AFP/Archives]


"La situation dans les services est habituellement tendue en cette période de l'année, en raison notamment d'un turn over du personnel infirmier. Le recours à l'interim doit faciliter ce retour à la normale", a-t-il dit.

A l'hôpital Tenon (20e arrondissement), dont la grève depuis quinze jours a amplifié les difficultés dans d'autres hôpitaux de l'AP-HP, le service des urgences a rouvert vendredi soir.

"L'accueil (aux urgences) à Tenon est complètement consolidé. La situation s'est normalisée", a affirmé M. Berraud.

Le week-end dernier, plusieurs hôpitaux de l'est parisien a frisé l'asphyxie en raison de la grève à Tenon contre le manque de personnels.

Le transfert, ce week-end-là, d'une soixantaine de patients du service des urgences de Tenon a totalement engorgé les établissements d'accueil, a dénoncé à l'AFP le médecin urgentiste Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF)

Les urgences de l'hôpital Saint-Antoine ont été débordées, puis celles de Lariboisière, de Saint-Louis, de La Pitié-Salpêtrière. Par chance, il n'y a pas eu de drame, a souligné le médecin.

Selon les responsables syndicaux de l'hôpital Tenon, la pénurie de personnel infirmier résulte des nouvelles méthodes de travail qui imposent de plus en plus la polyvalence et font tourner les infirmières de services en services. "Quand elles ont fini leur contrat avec l'hôpital, elles ne reviennent pas", déplore Patrice Lardeux, délégué CGT.

Vendredi, lors d'une assemblée générale à Tenon, plusieurs membres du personnel ont déploré un "manque de soutien" des médecins de l'établissement, contrairement à l'hôpital Antoine Béclère de Clamart (Hauts-de-Seine), lui aussi en grève.

D'autres personnalités médicales se sont inquiétées de la "panne" des urgences de Tenon et de ses conséquences "systémiques".

"Je suis persuadé que nous ne sommes qu'au tout début d'une crise majeure" a écrit le professeur Bruno Riou, chef des urgences de la Pitié-Salpêtrière sur le blog "la plume et le bistouri".

"La crise à Tenon, c'est comme un tremblement de terre. Après il y a eu des répliques. Moi j'ai eu, dans la semaine qui a suivi, des infirmières surmenées qui ont dû s'arrêter", a raconté à l'AFP Pierre Taboulet, chef des urgences de Saint-Louis.

La semaine prochaine, la nouvelle directrice générale de l'AP-HP, Mireille Faugère, doit rencontrer plusieurs responsables de services d'urgences parisiens, a fait savoir M. Berraud.

L'AP-HP a lancé un vaste projet de réforme de ses 37 hôpitaux qui doivent être rassemblés en 12 groupes. Les regroupements et la mutualisation des moyens pourraient entraîner, selon l'AP-HP, la suppression de 3.000 à 4.000 postes d'ici à 2012.

AFPSource AFP
modifié le 11/10/2010