Roche assure que le Roaccutane est "sûr", mais a effectué des provisions
Le groupe pharmaceutique suisse Roche a assuré lundi que son médicament contre l'acné Roaccutane, accusé d'être à l'origine de suicides, était "sûr" mais le groupe a néanmoins effectué des provisions pour faire face aux nombreux litiges en cours.

Source photo : Fabrice Coffrini [AFP/Archives]
Roche a précisé que son médicament était "sûr" et "efficace". "Comme chaque médicament, le Roaccutane comporte des effets indésirables. Ces derniers sont connus et décrits dans les notices d'informations pour les patients et les médecins", a indiqué à l'AFP une porte-parole.
"Nous avons effectué des provisions", a-t-elle ajouté, sans toutefois préciser le montant. Pour l'ensemble des litiges en cours, le groupe a provisionné au total 781 millions de francs suisses (597,7 millions d'euros).
Ce montant est nettement inférieur aux compensations réclamées à Roche aux Etats-Unis qui dépassent les 35 milliards de dollars (26 milliards d'euros), selon l'avocat américain Mike Hook cité dimanche par le journal Sonntag.
Le laboratoire helvétique, qui commercialise le Roaccutane (isotrétinoïne) depuis plus de 20 ans, fait actuellement face à 2.422 actions en justice aux Etats-Unis, où le médicament est accusé de provoquer des maladies intestinales inflammatoires, des malformations foetales et des désordres psychiatriques, selon le rapport annuel du groupe.
Des plaintes ont été également déposées dans d'autres pays, notamment en France où l'avocat Gilbert Collard a assigné Roche, mais aussi Expanscience et Pierre Fabre qui produisent des génériques, avait indiqué fin janvier le Parisien selon lequel l'affaire sera traitée en mars devant le TGI de Nanterre.
Roche a retiré en 2009 du marché américain le médicament et en 2006 dans plusieurs pays européens pour des "raisons commerciales" liées à l'expiration des brevets et la concurrence des génériques.
Selon le groupe, les autorités sanitaires nationales n'ont pas annulé l'homologation du Roaccutane, qui a été pris par 16 millions de personnes.
Bien qu'une acné sévère peut peser sur le mental des patients, "un lien de causalité entre la prise du Roaccutane et des conséquences psychiatriques n'est pas établi", a fait valoir la porte-parole.
L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) poursuit la surveillance des médicaments et des génériques contre l'acné basés sur l'isotrétinoïne en raison de risques psychiatriques et tératogènes (malformations du foetus si pris sans contraception), selon la liste des médicaments sous surveillance de l'organisation.
![]() | Source AFP modifié le 16/02/2011 |













