Roche mise sur la "médecine personnalisée" pour lutter contre les cancers
Le groupe pharmaceutique suisse Roche mise sur la "médecine personnalisée", des thérapies plus ciblées et moins agressives que les traitements classiques, pour soigner les cancers dont certains sont en forte progression, a indiqué jeudi le laboratoire.

Source photo : Sebastien Bozon [AFP/Archives]
"D'une maladie qui menait jusqu'à présent au décès, le cancer est devenu aujourd'hui une maladie chronique", a estimé Eckard Klose, responsable de l'oncologie à Roche Pharma Suisse.
Alors que les méthodes classiques à base de chimiothérapie attaquent la tumeur de façon généralisée, les nouvelles thérapies dites "moléculaires" permettent d'analyser la tumeur et ainsi de mieux cibler le traitement, a poursuivi M. Klose lors d'une conférence de presse.
Ces nouveaux traitements, qui font appel à la technologie des anticorps, permettent de réduire la mortalité des patients atteints de cancer. "On établit un meilleur diagnostic, plus tôt et plus ciblé", a-t-il poursuivi.
Cette nouvelle approche thérapeutique est notamment adaptée pour mieux lutter contre le cancer de la peau, l'un des cancers les plus agressifs et dont la progression dans la population est l'une des plus importantes.
Chaque année, 160.000 nouveaux mélanomes sont ainsi diagnostiqués dans le monde. Jusqu'à présent, la durée moyenne de survie de patients dont le cancer de la peau s'est étendu à d'autres parties du corps est de 8 à 10 mois, a souligné Roche.
"Il s'agit d'une maladie incroyablement agressive, contre laquelle il n'existe pratiquement pas de traitement", a insisté Reinhard Dummer, dermatologue à l'hôpital universitaire de Zurich.
Roche, qui développe actuellement une trentaine de médicaments anti-cancer, mise notamment sur sa molécule Vémurafénib, pour laquelle il a déposé en début d'année une demande d'homologation accélérée dans l'Union européenne et en Suisse, pour soigner le cancer de la peau.
Alors que dans les années 1930, le risque d'avoir un cancer de la peau était de 1 pour 1.500, ce ratio a explosé pour atteindre au début des années 2000 un ratio de 1 pour 75.
Pour expliquer l'augmentation des cancers de la peau, les chercheurs mettent en avant une hausse de l'intensité des rayons ultraviolets, l'allongement de la durée de vie et une tendance à pratiquer plus de loisirs de plein air et donc à s'exposer au soleil.
![]() | Source AFP modifié le 10/06/2011 |













