Salles de consommation de drogue: les associations espèrent "ramener le débat à ses vrais enjeux"
La réunion à Matignon sur les salles de consommation supervisées pour usagers de drogue, jeudi, devrait "ramener le débat à ses vrais enjeux", a déclaré mardi à l'AFP Jean-Pierre Couteron, président de l'Association nationale des intervenants en toxicomanie et addictologie (Anitea), membre du collectif qui va être reçu.

Source photo : Martin Bureau [AFP/Archives]
"On veut ramener le débat à ses vrais enjeux, remettre les choses dans une perspective raisonnable", a affirmé M. Couteron.
"Nous voulons la possibilité d'expérimenter un dispositif qui cible un public restreint" d'usagers de drogue très précarisés et qui consomment dans des lieux publics et sans contact avec le système de santé, a-t-il poursuivi, estimant pour Paris "aux alentours de 600 personnes concernées".
Le "collectif du 19 mai", qui regroupe Asud, Act Up, Anitea, SOS Hépatites, Safe, Gaïa, salledeconsommation.fr, "ne demande pas à ouvrir une centaine de salles de consommation, ni même une cinquantaine : le but n'est pas d'en mettre partout mais là où il y en besoin", a insisté Jean-Pierre Couteron.
"Paris et Marseille se sont dit intéressées pour des raisons évidentes", a-t-il rappelé.
Il a déploré "le procès d'intention qui est fait", parlant du "fantasme du joueur de flûte de Hamelin: la salle de consommation n'est pas un lieu où on voudrait attirer la jeunesse française mais aller au contact d'un public problématique".
"Il ne s'agit pas de faciliter l'usage, ce que l'on fait le plus dans ces salles, c'est un travail de lien, d'éducation à la santé, de prévention, on redonne confiance en soi aux usagers de drogue", a dit M. Couteron.
Le collectif "est désireux de pouvoir expliquer de vive voix au Premier ministre ou à ses services la réalité de ce dispositif, loin de la caricature".
Mercredi dernier, alors que les ministres de la Santé et de la Famille notamment avaient manifesté leur intérêt pour ces salles de consommation existant dans plusieurs pays européens, les services de François Fillon avaient jugé qu'elles n'étaient "ni utiles, ni souhaitables".
![]() | Source AFP modifié le 19/08/2010 |













