Salles de consommation de drogues: un progrès sanitaire selon un collectif d'associations
L'ouverture de salles de consommation pour les usagers de drogue, en débat en France, constituerait un progrès sanitaire et social, loin de la caricature qu'en font ses détracteurs, a expliqué mardi à l'AFP Pierre Chappard, coordonnateur d'un collectif d'associations de réduction des risques.

Source photo : Martin Bureau [AFP/Archives]
Il s'agirait d'une "porte d'entrée vers le soin" et d'un facteur de lien social, à l'opposé de l'image véhiculée par l'appellation "salles de shoot" employée par des députés UMP, a-t-il ajouté.
Lundi, 17 députés UMP ont co-signé un texte contre les "salles de shoot", alors que la ministre de la Santé Roselyne Bachelot avait annoncé à Vienne en juillet son intention d'ouvrir une "concertation" sur ce sujet à la suite d'une recommandation de l'Inserm, favorable au projet.
La dénomination de "salles de shoot" est "un terme "péjoratif" utilisé par les "opposants durs" parce que "ça fait croire qu'on peut y faire n'importe quoi dans les pires conditions sanitaires alors que c'est justement l'inverse", a dénoncé M. Chappard.
Un tel lieu "est extrêmement cadré, des professionnels - médecins, infirmiers, assistants sociaux, éducateurs - sont là pour conseiller et orienter les usagers de drogue: ce n'est pas un coffee shop ! On n'y achète pas de drogue, on ne peut pas y consommer de boissons alcoolisées !", a-t-il fait valoir.
"Ces salles permettent d'agir sur la consommation et d'enclencher la prévention contre la transmission de maladies (hépatites, VIH) et les overdoses. Les études internationales des pays où cela est mis en place prouvent que ça attire les usagers les plus précaires. C'est une porte d'entrée vers le soin, ça ne pousse pas plus à la consommation", a-t-il poursuivi.
A côté de l'espace pour consommer la drogue - qui peut être sniffée, fumée, injectée entre autres modes d'administration - , ces salles sont "avant tout un lieu d'accueil où discuter, boire un café, recréer du lien social et ainsi prendre l'usager dans sa globalité et pas que comme un drogué", a expliqué M. Chappard.
Selon les associations, "on refuse encore ce dispositif en France pour des raisons idéologiques fondées sur la théorie de l'abstinence à tout prix qui a été dévastatrice" dans les années 80 avant la mise en place d"une politique de réduction des risques (échange de seringue, puis produits de substitution).
Le Collectif du 19 mai 2009 regroupe Asud (usagers de drogues), Act Up, Anitea (intervenants en toxicomanie et addictologie), SOS Hépatites, Safe, sallesdeconsommation.fr, Gaïa.
![]() | Source AFP modifié le 11/08/2010 |













