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Sang : besoins en forte hausse, nombre des donneurs en légère baisse

 

Ma santé

 

Un million de malades sont soignés chaque année grâce aux donneurs de sang, mais les besoins progressent sans cesse et il faudrait cette année 10% de dons de plus qu'en 2010 pour y répondre.

 

Une personne donne son sang dans un centre de collecte de Paris, le 14 juin 2010

Source photo : Miguel Medina [AFP/Archives]


De 2009 à 2010, le nombre des donneurs a légèrement baissé (-2,7%), selon l'Etablissement français du sang (EFS) qui présenté mardi à la presse le programme de la Journée mondiale du sang (14 juin).

Au total, 1,7 million de personnes (seulement 4% des Français ayant l'âge requis) donnent de leur sang, alors même que d'année en année les besoins progressent du fait d'un vieillissement de la population et aussi d'une utilisation élargie liée aux progrès de la médecine.

On utilise le sang pour des transfusions en cas d'accident ou d'opération, contre les maladies du sang, comme traitement d'appoint des chimiothérapies, et aussi pour fabriquer des médicaments : aujourd'hui, plus de 200 maladies sont traitées avec des substances dérivées du plasma.

En France le don de sang, qui est l'apanage de l'EFS, est "bénévole, éthique et gratuit", a souligné le Pr Gérard Tobelem, président de l'EFS. Faute de pouvoir répondre aux besoins, il faudrait en importer, au risque d'"être à la merci des marchands du sang et des cours mondiaux du plasma".

Pour assurer l'auto-suffisance par la générosité des donneurs, il faut, chaque année, recruter de nouveaux donneurs et fidéliser les autres.

Pour ce faire, l'EFS a lancé un programme d'installation de maisons du don, au coeur des villes, déjà ouvertes à Lille, Saint-Denis de la Réunion et Rouen. Deux maisons devraient s'ouvrir en 2012 à Paris.

L'EFS veut aussi augmenter la quantité de sang fournie par chaque donneur, et passer de 1,8 don par an à 2, avec des plages horaires élargies et un meilleur accueil. L'EFS veut aussi, selon le Pr Tobelem, améliorer encore la sécurité du donneur et celle du receveur, bien que, selon lui, la transfusion sanguine en France soit "parmi les meilleures".

Enfin des recherches sont conduites en France sur des produits de substitution du sang à partir de cellules souches. Les premiers essais devraient être conduits cette année, mais l'aboutissement n'est pas envisageable avant plusieurs années.

En attendant, 10.000 dons de sang sont nécessaires chaque jour pour répondre aux besoins, rappelle l'EFS. Faire un don de sang total, c'est l'affaire de moins d'une heure (un peu plus pour le don de plasma ou de plaquettes), entretien avec un médecin, repos et collation compris.

Sont exclus du don les personnes pesant moins de 50 kg, les diabétiques, les personnes traitées pour épilepsie, celles qui ont eu une maladie transmise par le sang telle qu'hépatite virale, celles ayant déjà été transfusées, les femmes enceintes ou ayant accouché récemment, les gens souffrant d'infection, ainsi que les homosexuels hommes, considérés comme plus à risque de maladies sexuellement transmissibles.

Le prélèvement est effectué par une infirmière, et le volume prélevé est de 450 à 480 ml. Il se reconstitue rapidement, mais il faut boire abondamment et manger après avoir donné son sang.

Pour la Journée mondiale des donneurs de sang, plus de 300 lieux de collecte seront ouverts dans toute la France, avec espaces d'animation et d'exposition. Un village scientifique sera installé à Paris et des tables rondes seront organisées dans le cadre d'un café des sciences.

Le site de l'Etablissement français du sang

AFPSource AFP
modifié le 09/06/2011