Santé au travail: lancement d'une campagne contre le sablage des jeans
Un ouvrier a été symboliquement ensablé mercredi dans une rue parisienne, dans le cadre d'une campagne internationale destinée à interpeller la grande distribution sur les dangers pour la santé du sablage des jeans, méthode destinée à leur donner un aspect vieilli, a constaté l'AFP.

Source photo : Miguel Medina [AFP]
Un membre du collectif Ethique sur l'étiquette s'ensable symboliquement, le 02 mars 2011 à Paris

Source photo : Miguel Medina [AFP]
L'ouvrier, en combinaison grise, installé dans une sorte de cabine téléphonique surmontée d'un entonnoir orné d'une tête de mort, s'est vu déverser sur la tête l'équivalent d'une tonne de polystyrène, devant la presse et quelques badauds étonnés au coeur du quartier des grands magasins à Paris.
"Le consommateur est en droit de savoir si le jean qu'il porte est mortel ou pas", a déclaré à l'AFP Maïté Errecart, présidente du collectif Ethique sur l'étiquette à l'initiative de la campagne en France, baptisée "Il est mortel ce jean".
L'opération vise à alerter sur les dangers du sablage qui libère de la silice cristalline alvéolaire, responsable d'une grave maladie pulmonaire, la silicose. En Turquie, 1.200 ouvriers ont contracté la maladie et 47 en sont morts, selon le collectif, qui fait partie du réseau européen de la "Clean clothes campaign", et regroupe diverses associations, syndicats ou mouvements de consommateurs.
La Turquie a banni la pratique du sablage en 2009, mais les marques se sont tournées depuis vers d'autres pays moins regardants, comme la Chine, le Vietnam, ou encore l'Inde, déplorent les organisateurs.
Une campagne similaire a été lancée en Italie, Belgique et Pays-Bas, ainsi qu'en Espagne et sera lancée en Grande-Bretagne dans 15 jours, ont précisé les responsables de cette campagne. Une soixantaine de marques ont été interpellées au niveau européen, et sept en France depuis décembre 2010.
Parmi les marques françaises sollicitées, quatre n'ont pas répondu aux demandes du collectif, les enjoignant à s'engager publiquement contre le sablage: Kookaï, Pimkie, Leclerc et Auchan.
Carrefour, Promod et Casino se sont en revanche engagées à exclure tout recours au sablage, y compris via leurs fournisseurs.
![]() | Source AFP modifié le 03/03/2011 |













