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Santé et Justice s'associent pour améliorer la santé en prison

 

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En prison, sida, hépatites, troubles mentaux, tuberculose, addictions sont plus répandues qu'à l'extérieur, et le taux de suicides multiplié par six: les ministères de la Santé et de la Justice ont présenté jeudi un plan de 300 millions d'euros pour améliorer la santé des détenus.

 

Photo, prise le 02 avril 2009 au nouveau centre pénitencier de Lyon-Corbas dans la banlieue de Lyon

Source photo : Fred Dufour [AFP/Archives]


Ce "plan d'actions stratégiques 2010-2014", constitue une collaboration "inédite" entre les deux ministères, a souligné la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, en le présentant à la presse avec son homologue de la Justice, Michèle Alliot-Marie.

Il est basé sur le principe que "les personnes incarcérées doivent bénéficier de la même qualité et de la même continuité de soins que la population générale", a ajouté Mme Bachelot.

Le rapport souligne la "prévalence élevée" de pathologies telles que les infections par le virus du sida (VIH) ou l'hépatite C, du fait "d'une surreprésentation des usagers de drogue par voie intraveineuse en milieu carcéral".

La garde des Sceaux a également insisté sur les chiffres des suicides toujours "dramatiques" malgré un infléchissement depuis la mise en oeuvre, en août 2009, d'un plan de prévention. Elle a également relevé la forte prévalence des affections mentales.

"Un trouble psychiatrique plus ou moins grave est repéré chez 55% des arrivants en détention", a souligné Mme Alliot-Marie.

Ainsi, sur les "300 millions d'euros" mobilisés par ce plan, selon le ministère de la Santé, "l'essentiel concerne l'accès aux soins, avec un effort très important sur les UHSA".

La première Unité hospitalière spécialement aménagée, destinée aux personnes atteintes de troubles psychiatriques lourds, a été inaugurée cette année à Lyon, l'objectif étant de construire "une UHSA au moins par région pénitentiaire".

Le plan d'action "repose en grande partie sur un socle de mesures déjà en cours", mais qui doivent être consolidées ou adaptées.

Il comprend des mesures concrètes, telles que distribution de préservatifs et gel pour prévenir les infections, dépistage des cancers du sein et du col de l'utérus pour les détenues, examen bucco-dentaire à l'entrée en détention, développement de la télémédecine, préparation de la continuité des soins à la sortie...

"La question a été posée sur l'opportunité de la mise en place d'un programme d'échanges de seringues", mais "les conditions ne sont pas franchement réunies", a indiqué Mme Bachelot, alors que l'association Act-Up estime que "ce plan continue d'ignorer l'usage de drogues en prison".

Les deux ministres ont été interpellées, durant la conférence de presse, par une militante de cette association qui regrettait que ce plan ne s'engage pas sur les suspensions de peines pour raisons médicales.

Selon l'Administration Pénitentiaire, on comptait "137 suspensions de peines pour raisons médicales" au 1er janvier 2010, contre 104 un an plus tôt.

François Bès, de l'Observatoire International des Prisons (OIP) a souligné que "c'est la première fois", depuis la réforme de 1994 qui a transféré au ministère de la Santé la prise en charge sanitaire des détenus, qu'on a "un plan aussi large, avec un tel éventail de mesures" dont beaucoup sont "intéressantes".

Il aurait cependant préféré un plan élaboré uniquement par la Santé. "La présentation conjointe laisse craindre des aménagements particuliers, au bon vouloir de l'Administration pénitentiaire (AP)", a-t-il dit à l'AFP.

M. Bès a également regretté qu'il n'y ait "pas de réaffirmation ferme du principe du secret médical" et que l'accent soit autant mis sur les UHSA, "hôpitaux-prisons".

Au 1er septembre 2010, 60.789 personnes étaient détenues, dans quelque 200 établissements.

AFPSource AFP
modifié le 29/10/2010