Santé maternelle: campagne d'ONG sur la "non-assistance à mère en danger"
Quatre ONG lanceront vendredi une campagne sur la "non-assistance à mère en danger" en demandant que les pays riches, dont la France, consacrent plus de fonds à la santé maternelle dans les pays pauvres où ont lieu 99% des décès liés à la grossesse ou à l'accouchement.

Source photo : Mustafa Ozer [AFP/archives]
Oxfam France, Médecins du Monde, Action for Global Health et Avocats pour la santé dans le Monde appellent à signer une pétition pour demander au Président de la République et au ministre des Affaires étrangères d'augmenter l'aide publique au développement (APD) de la France en matière de santé.
Ces ONG expliquent également dans cette campagne qu'elles souhaitent que la France rende cette aide "plus efficace à travers un renforcement des personnels de santé au Sud et un soutien aux politiques d'accès gratuit aux soins, en particulier pour les femmes et les enfants".
Elles soulignent que par exemple au Burkina Faso, une césarienne en urgence représente une fois et demi le revenu annuel d'une famille modeste.
Ces ONG rappellent que chaque minute dans le monde, une femme meurt à cause de complications liées à la grossesse ou à l'accouchement, que l'absence de soins tue 500.000 femmes enceintes par an et que 99% de ces décès ont lieu dans les pays en développement.
Les régions les plus affectées sont l'Afrique subsaharienne avec environ la moitié des décès et l'Asie du Sud (environ un tiers).
Ces chiffres sont "inacceptables" et "traduisent un manque de considération pour la condition et les droits des femmes", estiment-elles en réclamant que les dirigeants français "s'engagent à consacrer 0,1% de la richesse nationale au financement de la santé dans les pays en développement".
Si l'Erythrée, l'Ethiopie, le Mozambique ou le Rwanda ont accompli des performances importantes avec une baisse de plus de 50% de leur taux de mortalité maternelle en quelques années, beaucoup de pays ont au contraire tendance à régresser en la matière.
La Sierra Leone présentait en 2009 un taux de mortalité maternelle record avec 2.100 décès pour 100.000 naissances, selon les statistiques de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Les décès maternels sont principalement dus à des complications obstétriques (hémorragies post-partum, infections...), à des suivis de grossesse insuffisants ou à des avortements pratiqués dans des conditions risquées.
Ils s'expliquent notamment par le manque de personnel soignant. Ainsi le Niger ne dispose que d'une sage-femme pour 33.500 habitants.
Le site de la campagne non-assistance à mère en danger![]() | Source AFP modifié le 14/03/2010 |













