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Saturnisme: diminution massive en 15 ans, mais encore 4.400 cas

 

Enfants et Adolescents

 

Les cas de saturnisme (intoxication au plomb) infantile ont été divisés par 20 en 15 ans en France métropolitaine, mais il reste 4.400 cas, "un nombre encore trop important", selon la Direction générale de la santé (DGS) et l'Institut de veille sanitaire (InVS).

 

Chambre d'enfants où sous le papier arraché se trouve une peinture à base de plomb, à Bordeaux en 2001

Source photo : Derrick Ceyrac [AFP/Archives]


Le saturnisme chez l'enfant est défini par une plombémie (taux de plomb dans le sang) supérieure à 100 microgrammes par litre. A ces niveaux, on constate une baisse des capacités cognitives, un retard du développement psychomoteur et des troubles du comportement.

Le nombre d'enfants de 1 à 6 ans concernés en métropole serait passé de 84.000 en 1995-1996 à 4.400 en 2008-2009, selon une enquête nationale publiée jeudi en ligne par l'InVS (BEH Web). Pour l'ensemble de la France, l'estimation est de quelque 5.330 enfants.

"Ces bons résultats montrent que les actions de prévention menées depuis 15 ans ont été efficaces", ont estimé jeudi la DGS et l'InVS dans un communiqué commun, citant "suppression de l'essence au plomb, amélioration de l'alimentation, traitement des eaux de distribution publique, amélioration de l'habitat, contrôle des émissions industrielles".

"Le saturnisme n'est toutefois pas éradiqué en France", tempèrent-ils, en soulignant que les 4.400 cas restants sont pour la plupart des enfants "qui cumulent certains facteurs : habitat dégradé, suroccupation du logement, environnement social défavorisé...".

On constate peu de variations régionales, avec cependant des valeurs légèrement plus élevées pour la Guadeloupe, la Martinique et Midi-Pyrénées et une valeur un peu plus basse pour la Bretagne.

L'étude montre aussi qu'un quart des enfants de 1 à 6 ans ont une plombémie supérieure à 25 microgrammes/L et 5% une plombémie supérieure à 34 microgrammes/L.

"Ce constat reste préoccupant car le plomb est un toxique pour lequel on ne connaît pas de seuil en dessous duquel il n'y aurait pas d'effet", soulignent la DGS et l'InVS. "Les études récentes montrent des effets sur le développement cognitif et moteur des enfants à des niveaux d'imprégnation aussi bas", ajoutent-ils.

La DGS et l'InVS recommandent d'"agir sur les sources d'exposition encore existantes", précisant que l'analyse des données de l'enquête permettra de "mieux comprendre quelles sont les sources prépondérantes d'imprégnation actuelles".

Ils préconisent également d'améliorer le repérage des enfants intoxiqués. On trouve environ 300 nouveaux cas par an, tous âges confondus (0 à 17 ans).

L'enquête de l'InVS a été menée entre septembre 2008 et avril 2009 dans 143 hôpitaux tirés au sort et a inclus 3.255 enfants hospitalisés.

Le plomb a été utilisé pour la fabrication de canalisations d'eau potable jusque dans les années 90. Jusque dans les années 50, il entrait dans la composition de certaines peintures.

AFPSource AFP