Se jeter dans le bain pour arrêter de fumer
Soixante pour cent des Français qui fument souhaitent arrêter mais le challenge est ardu. Le Salon des Thermalies, qui se tient jusqu'à dimanche à Paris, est l'occasion de découvrir des formules "aux petits soins" d'aide au sevrage tabagique, cures thermales ou thalasso.

Source photo : Mychele Daniau [AFP/Archives]
Ces programmes n'ont pas fait la preuve scientifique de leur efficacité, rappelle le tabacologue Bertrand Dautzenberg. Mais pour ce pneumologue, ils font passer l'arrêt du tabac "dans la sphère du bien-être" et il n'y a pas d'argument à y opposer dès lors que "les choses sont bien faites".
"Ils s'adressent à une classe favorisée, qui veut prendre son temps, se poser, dire +je vais m'occuper de moi, je vais m'occuper de mon corps+, c'est un élément positif pour des gens qui en ont les moyens", analyse-t-il.
Les soins prodigués lors de ces cures anti-tabac, qu'il s'agisse de thermalisme ou de thalassothérapie, ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale.
Trois stations thermales de la Chaîne thermale du soleil proposent ainsi des mini-cures anti-tabac de 6 jours: Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques), Challes-les-Eaux (Savoie) et Le Boulou (Pyrénées-orientales).
Les deux premières sont traditionnellement orientées vers les soins des voies respiratoires, la troisième ciblant les maladies cardio-artérielles. "Ce sont des populations particulièrement inquiétées par le tabac", commente Eléonore Guérard, directrice développement et communication de la Chaîne thermale du soleil.
"Rémission tabagique"
"La pionnière et celle qui propose l'offre la plus complète c'est Cambo", précise-t-elle. La mini-cure démarre par une consultation avec un médecin tabacologue, qui peut prescrire un substitut nicotinique adapté au niveau de dépendance du fumeur.
Le programme inclut des soins des voies respiratoires (irrigation nasale, humage, gargarisme...), des soins de détente (bain hydromassant), un atelier "école du souffle" dispensé par un kinésithérapeuthe, qui permet de travailler la capacité respiratoire, une séance de sophrologie et une séance de relaxation thérapeutique. "Petit plus" de la station, des séances de thérapie comportementale cognitive avec un psychologue, notamment pour gérer les risques de rechute.
L'offre de thalassothérapie n'est pas en reste, avec une nouvelle cure anti-tabac "bio" (alimentation et produits de soin), présentée au Salon des Thermalies par Alliance Pornic.
Les soins thalasso (bains d'eau de mer, application d'algues, inhalation d'essence de pin) sont complétés par un cocktail anti-stress et relaxation : acupression (stimulation de points d'acupuncture), réflexologie, massage shiatsu. La formule inclut trois "ateliers de conscience corporelle" (yoga, sophrologie, hypnose), des consultations avec un médecin et une diététicienne et des séances de cardiotraining.
"On ne fait pas de miracle mais on donne des clés pour que l'arrêt du tabac soit moins difficile", explique Marie-Noëlle Veillet-Berry, directrice générale d'Alliance Pornic.
Pour le Pr Dautzenberg, l'avantage de ces formules qui font la part belle au bien-être, aux soins du corps, "c'est qu'on est dans un esprit positif, qu'on arrête de fumer pour être bien". "L'inconvénient c'est qu'on est dans un monde protégé, et qu'il faut faire attention au retour au monde réel", ajoute-t-il.
Avec cette mise en garde: "Quand on traite un fumeur, on ne va pas le guérir, on va le mettre en rémission tabagique".
![]() | Source AFP modifié le 23/01/2012 |













