Semaine pour le don de moelle osseuse: hommage aux "veilleurs de vie"
La 6e semaine de mobilisation pour le don de moelle osseuse, à partir de lundi, est placée sous le signe des "veilleurs de vie", ces personnes qui s'engagent à se rendre disponibles pour donner leur moelle osseuse à un malade compatible lorsque le besoin se présente.

Source photo : Damien Meyer [AFP/Archives]
Le registre français des volontaires au don de moelle osseuse compte aujourd'hui 190.000 inscrits. L'objectif de l'Agence de la biomédecine est d'atteindre 240.000 à l'horizon 2015.
La 6e semaine nationale de mobilisation "a pour but de recruter de nouveaux donneurs, mais aussi de rendre hommage à leur communauté", a indiqué à la presse la directrice générale de l'agence, Emmanuelle Prada-Bordenave. "Des personnes qui, où qu'elles soient, attendent le moment où elles pourront peut-être être appelées à sauver une vie".
Symboliquement, une grande veilleuse rouge illumine ce week-end le Parvis des droits de l'Homme du Trocadéro, à Paris. En région, des manifestations seront organisées les 11 et 12 mars à Bordeaux, Rennes, Rouen, Strasbourg, Grenoble, Limoges, Marseille et Nice.
Chaque année, 2.000 personnes atteintes de "graves maladies du sang, des maladies mortelles comme les leucémies ou d'autres maladies non cancéreuses" ont besoin d'une greffe de moelle osseuse pour remplacer leur système immunitaire déficient.
En 2009, 1.538 greffes avec donneur ont été réalisées en France, la majorité (60%) faisant appel à un donneur anonyme, extérieur à la fratrie.
L'objectif en 2011 est de recruter 18.000 nouveaux inscrits, mais aussi de diversifier les profils génétiques des donneurs.
Pour que la greffe soit possible, il faut en effet que receveur et donneur présentent une compatibilité de leur système immunitaire (compatibilité HLA), qu'ils aient la même histoire génétique en quelque sorte.
Pour tenter de répondre à la complexité de la diversité génétique, et augmenter ainsi les chances de trouver un donneur compatible, les 71 registres de donneurs au monde sont interconnectés.
Mais il y a des failles. Ainsi en Afrique subsaharienne, il n'existe qu'un seul registre, en Afrique du Sud, qui pour des raisons historiques "est constitué à 95% de donneurs d'origine européenne", a indiqué le Dr Evelyne Marry, directrice du registre français.
D'où "un vrai problème d'accès à la greffe pour les personnes originaires d'Afrique subsaharienne, très peu représentées au sein des registres nationaux".
Pour s'inscrire au registre des donneurs, il faut avoir entre 18 et 51 ans (mais le don est possible jusqu'à 60 ans), accepter de répondre à un questionnaire de santé et se prêter à un prélèvement de sang qui permet d'établir sa carte d'identité génétique.
C'est tout dans un premier temps. Si le candidat est éligible au don, il entre en veille, prêt à répondre à une demande, d'où qu'elle vienne, à tout moment, mais peut-être jamais.
Si un malade potentiellement compatible a besoin d'une greffe, le donneur est contacté. On vérifie son état de santé, on s'assure de la compatibilité et on organise le prélèvement en fonction de ses contraintes. Le donneur doit signer un consentement éclairé auprès du tribunal de grande instance.
Deux modes de prélèvement sont possibles, selon les besoins du malade, déterminés par le médecin greffeur, et selon la préférence du donneur: le prélèvement dans les os du bassin, sous anesthésie générale, ou le prélèvement dans le sang.
Un donneur inscrit au registre ne peut être sollicité que pour un seul patient, dont il ne saura rien. "C'est un moyen de protéger le donneur", souligne le Dr Marry.
Le site www.dondemoelleosseuse.fr répond à toutes les questions sur le don.
![]() | Source AFP modifié le 08/03/2011 |













