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Sida: députés et associations s'inquiètent de la vulnérabilité des femmes africaines

 

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Une centaine de personnes, qui ont participé cette semaine à l'Assemblée nationale à un atelier sur la femme et le sida dans les pays en développement, ont demandé aux décideurs français de prendre en compte la vulnérabilité particulière des femmes à l'égard de l'infection.

 

Un panneau de prévention des risques de Sida est installé le long d'une route dans les environs de Labe dans le centre de la Guinée, le 06 mai 2005.

Source photo : Gabriel Bouys [AFP/Archives]


"L'épidémiologie toute seule n'explique pas pourquoi les femmes jeunes, pauvres et africaines sont aujourd'hui les premières victimes", a lancé devant la presse Danielle Bousquet (PS, Côtes d'Armor), à l'issue de l'atelier.

Elle a rappelé que 60% des personnes contaminées en Afrique sub-saharienne étaient des femmes. "En Zambie, seulement 11% des femmes pensent qu'elles peuvent demander à leur mari d'utiliser un préservatif", tandis qu'en Somalie "seulement 26% des femmes savent que le sida existe", a-t-elle souligné.

Parmi les recommandations à l'adresse des gouvernements, les participants à l'atelier -des députés, des associations- ont demandé de prendre en compte les "besoins spécifiques des femmes", d'augmenter le financement de la recherche sur les outils de prévention tels que préservatif féminin ou microbicides, et de mieux informer les femmes.

Bernadette Mulelebwe, qui dirige la Fondation Femme plus en République démocratique du Congo, a parlé du poids de la tradition, qui empêche la femme d'être protégée. Pas question, a-t-elle dit, qu'elle utilise un préservatif féminin qui "retient l'éjaculat" : "elle deviendrait la risée de son mari". Pas question non plus d'imposer le préservatif masculin à l'homme : "on pensera que, si elle sait que cela existe, c'est une prostituée".

Pour réussir à utiliser les méthodes de protection, il faut mieux informer les femmes et aussi "associer les hommes, qu'ils s'impliquent dans notre action", dit-elle.

Carinne Favier, du Mouvement français pour le planning familial, a estimé que la "médicalisation de la prévention" ne devait pas "dédouaner de s'occuper des droits, des inégalités, des violences". Pour Danielle Bousquet, "des programmes qui feraient l'impasse sur le changement des comportements seraient inefficaces".

AFPSource AFP
modifié le 30/04/2010