Sida/homosexualité: Nora Berra veut "dissiper une incompréhension"
La secrétaire d'Etat à la Santé Nora Berra souhaite "dissiper" ce qui "s'apparente manifestement", selon elle, à "une incompréhension" des propos qu'elle a tenus la semaine dernière liant homosexualité et sida et qui ont suscité de vives protestations.

Source photo : Lionel Bonaventure [AFP/Archives]
"C'est bien la notion de +pratiques à risques+ qui doit être prise en compte comme facteur de risque du VIH et non pas, évidemment, le fait d'être homosexuel", indique la secrétaire d'Etat dans un communiqué.
Mme Berra, qui tient à rappeler son engagement "en tant que médecin puis femme politique" aux côtés des patients atteints par le VIH/sida et dans la prévention de la maladie, "déplore une insinuation d'homophobie infondée, offensante et particulièrement grave à son encontre".
Mardi, lors d'une discussion en commission des affaires sociales sur le projet de loi de bioéthique, Nora Berra s'était dite hostile à un amendement indiquant que "nul ne peut être exclu du don en raison de son orientation sexuelle".
Elle avait estimé qu'"il ne s'agit pas d'exclusion mais de contre-indication, qui s'explique par un risque sanitaire avéré", ajoutant que la loi "ne discrimine personne mais prend en compte les données épidémiologiques, selon lesquelles par exemple l'homosexualité est un facteur de risque pour le VIH, donc une contre-indication de don".
Selon Alain Millon, rapporteur du projet interrogé par l'AFP, les débats portaient alors sur le don d'organes, dont les homosexuels, selon l'Agence de biomédecine, ne sont pas du tout exclus.
Cependant, selon le secrétariat d'Etat à la Santé, Mme Berra évoquait alors le don de sang, dont les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes sont exclus pour limiter les risques éventuels en cas d'infection non encore détectée.
Jean-Luc Romero, président de l'association Elus locaux contre le sida, a dénoncé vigoureusement ces propos. "Ne sait-elle pas que ce sont les comportements qui sont à risque ? Chez les hétéros comme chez les homos ! Grave pour un médecin", a-t-il déclaré.
Pierre Bergé, vice-président de l'association Sidaction, a jugé ces propos "insupportables", estimant qu'il s'agissait de "discrimination". Lui aussi a souligné qu'"il n'y a pas de population à risque, il n'y a que des pratiques à risque".
![]() | Source AFP modifié le 04/04/2011 |













